11/05/2016  -  Economie/Finance
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« Crowdfunding » : une nouvelle concurrence pour les FIP et FCPI

L’inconvénient majeur du « crowdfunding » est que le particulier court le risque de se trouver « collé » avec du papier difficile à céder.

 

A l’origine positionné sur le créneau du don – avec le lancement de l’emblématique Kickstarter en 2009 aux Etats-Unis, puis quelques années après de plates-formes françaises comme Ulule ou KissKissBankBank –, le financement participatif propose désormais toute une palette d’outils d’investissement aux particuliers, que ce soit sous forme de prêt ou d’investissement en capital.

 

Dans cette dernière catégorie, Anaxago, SmartAngels, Wiseed, Sowefund ou encore Happy Capital proposent de prendre des tickets au capital d’entreprises souvent jeunes et souvent technologiques. Le FCPI en version « do it yourself », en somme. Les montants levés ne sont plus tout à fait anecdotiques : ils ont doublé en 2015, à 50,3 millions d’euros. Face aux FIP et FCPI, ces plates-formes présentent un certain nombre d’atouts : une offre riche, attrayante, accessible directement. Le ticket minimal est faible (parfois à partir de 100 euros), offrant à l’épargnant la faculté de diversifier facilement ses risques. Et les plates-formes ne se privent pas d’indiquer à l’internaute les nombreux cas où les levées de fonds sont éligibles aux dispositifs de réduction d’impôt sur le revenu ou d’ISF liés à l’investissement non coté : le redevable de l’ISF peut défiscaliser jusqu’à 45.000 euros via ce canal, alors qu’il est limité à 18.000, s’il opte pour un fonds.

 

L’inconvénient majeur du « crowdfunding » par rapport à un fonds est que l’investisseur qui intervient en direct court un risque réel de se trouver « collé » avec du papier difficile à céder. A l’inverse, le particulier qui investit son argent dans un FIP ou un FCPI le confie à une équipe, non seulement plus sélective mais qui va dès l’origine commencer à réfléchir à la future sortie. Un impératif dans la mesure où le fonds a une échéance donnée.

 

Le rapprochement de certaines plates-formes de « crowdfunding » avec des acteurs traditionnels du « private equity » témoigne toutefois d’une volonté de faire bénéficier les investisseurs du meilleur des deux mondes en les accompagnant jusqu’à une possible sortie. Smart-Angels a ainsi conclu un partenariat avec Allianz France, qui, dans certains dossiers, co-investit avec des particuliers via un fonds géré par Idinvest. De son côté, Happy Capital s’est rapproché de Seventure Partners, structure de capital- investissement de Natixis (NGAM), pour lancer un dispositif d’accompagnement des start-up. La professionnalisation du « crowdfunding equity » est en marche.

 

 

Source : Les Echos