24/05/2016  -  International
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Attractivité : la France de plus en plus distancée en Europe

Le nombre de projets d’investissements étrangers dans l’Hexagone a reculé de 2 % l’an passé, selon une étude du cabinet EY. En Europe, ils ont pourtant nettement progressé (+14 %) en 2015.

 

« Peut mieux faire. » Le bulletin scolaire de la France en matière d'attractivité laisse encore à désirer. Le baromètre annuel publié par EY , montre que l'Hexagone reste le troisième pays accueillant les investisseurs étrangers sur le Vieux Continent, mais qu'il ne profite pas de la soudaine envie d'Europe de leur part. Le nombre de projets d'investissements recensés par EY a reculé de 2 % l'an passé, à 598, en France alors qu'il a progressé de 14 % en Europe, à 5.083. Quant aux emplois liés à ces investissements, ils ont grimpé de 8 % dans l'Hexagone (13.639 postes créés), mais de 17 % sur le continent (217.696.

 

« La tendance européenne est très dynamique avec un nombre record d'investissements étrangers sur le Vieux Continent », note Marc Lhermitte, associé en charge de l'attractivité de EY. « Les économies des pays émergents connaissent des difficultés et, dans ce contexte, l'Europe est vue comme rassurante et stable, juge-t-il. Mais, si la France s'accroche, elle perd tout de même du terrain face à l'Allemagne et à la Grande-Bretagne.»

 

Toujours les mêmes freins

 

En effet, le Royaume-Uni caracole en tête du classement, tant en nombre de projets (1.065) qu'en nombre d'emplois créés (42.336), suivi par l'Allemagne (946 projets et 17.126 emplois). L'écart se creuse. Par exemple, les Chinois ont investi dans 74 projets de l'autre côté du Rhin et dans 68 projets outre-Manche en 2015. La France n'en a accueilli que 14. De même, l'Hexagone sort des cinq premiers pays européens dans lesquels s'implantent le plus les centres de décision. Seuls 11 projets de centres de décision ont été présentés dans l'Hexagone l'an dernier, contre... 150 en Grande-Bretagne. Or, le nombre de centres de décision implantés en Europe a progressé de 80 % l'an passé. La France ne profite donc pas de l'embellie. Le groupe parapétrolier Technip, qui vient de fusionner avec FMC, a d'ailleurs décidé la semaine dernière d'installer son siège social à Londres.

 

La performance de l'Hexagone n'est toutefois pas décevante dans tous les domaines. Le pays reste le premier en Europe à accueillir les investissements industriels. C'est le cas depuis dix ans et encore en 2015, avec 212 projets, contre 142 par exemple en Allemagne. Mais il y a un bémol : « Il s'agit en majorité de projets d'extension de capacités, ­souvent petits », note l'expert d'EY.

 

La perception qu'ont les étrangers du territoire France s'améliore aussi. En février 2016, 80 % des 205 dirigeants interrogés par EY jugeaient l'attractivité de l'Hexagone « plutôt » ou « très satisfaisante ». Cependant, « la fin du French bashing ne se traduit pas en French buying », selon EY. Les dirigeants sont moins nombreux qu'il y a un an à être enclins à investir en France. Sans surprise, le niveau des charges sociales, de la fiscalité et le manque de flexibilité du droit du travail sont cités comme autant d'obstacles. « Le magasin France semble plus accueillant qu'avant, mais les produits qu'il vend sont toujours considérés comme trop chers », résume Marc Lhermitte. Muriel Pénicaud, la directrice générale de Business France, en convient : « La France a des atouts, mais aussi des sujets de vigilance. Notre attractivité progresse, mais il nous faut continuer à faire des réformes en matière sociale et fiscale.»

 

 

Source : Les Echos