21/11/2016  -  Economie/Finance
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Bourse : comment les investisseurs s’adaptent à la nouvelle donne aux Etats-Unis

Après la victoire de Donald Trump, les investisseurs misent sur la croissance et l’inflation, selon le sondage mensuel de Bank of America Merrill Lynch

 

C'est le premier sondage réalisé depuis la victoire surprise de Donald Trump, du 9 au 14 novembre. Comme chaque mois, Bank of America Merrill Lynch sonde les attentes, mais aussi les craintes des gros investisseurs (177 clients qui pèsent 456 milliards de dollars). Ses conclusions sont riches d'enseignements alors que l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche était encore considérée, il y a deux mois, comme un risque extrême par ces investisseurs.

 

Premier enseignement : les anticipations en termes de croissance et de profits n'ont jamais été aussi hautes depuis un an. Idem pour les anticipations d'inflation. « Le résultat de l'élection américaine est vu sans ambiguïté comme étant positif pour la croissance du PIB américain », écrit Michael Hartnett de BofA ML. C'est ce que confirme d'ailleurs l'évolution des marchés depuis plus d'une semaine (hausse des actions et du dollar, baisse des obligations.

 

Le stratégiste constate aussi le mouvement de rotation en faveur des banques et en défaveur des actions à haut rendement, de la high-tech et des marchés émergents. « La plupart des investisseurs estiment que cette rotation sectorielle va se poursuivre en 2017 », rapporte Michael Hartnett, qui constate aussi que la grande rotation des obligations vers les actions n'est pas encore palpable.

 

Aversion au risque moindre

 

Conséquence, l'aversion au risque semble diminuer, alors que les investisseurs ont réinvesti en novembre une partie du cash accumulé ces derniers mois. La part du cash est passée de 5,8 % à 5 % dans leurs portefeuilles, une évolution d'une ampleur inconnue depuis 2009. La banque ne parle pas encore de changement tactique de leur part, mais « ce serait le cas si ce taux devait tomber à 4,8 % en décembre ».

 

D'ailleurs leur appréciation des risques extrêmes a aussi évolué : exit Trump à la Maison-Blanche et place au risque d'un krach obligataire et d'une dévaluation du yuan. Le risque protectionniste est tout de même perçu, par 84 % des sondés, comme pouvant avoir un impact sur la stabilité des marchés financiers. Le risque géopolitique apparaît en troisième position pour 69 % d'entre eux.

 

 

Source : Les Echos