12/08/2015  -  Economie/Finance
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Bourse : les secteurs qui profitent de la hausse... et les autres

 

 

Les biens de consommation et la santé sont largement en tête des performances sectorielles en Europe.

 A l'inverse, les produits de base sont la lanterne rouge.

 

Reprise européenne, consolidation, hausse du dollar... L'évolution des secteurs européens en cette première partie d'année rend compte de la montée en puissance de plusieurs thématiques, pour certaines, assez étonnantes.

 

Tout d'abord, une recherche de « sécurité » des investisseurs. « Les flux vers les actions sont venus des marchés obligataires : les investisseurs ont alors recherché des valeurs de croissance, sûres, générant du cash et des dividendes dans un environnement relativement difficile, explique Fabrice Theveneau, à la Société Générale. Et, cette tendance devrait continuer tant que la croissance mondiale ne sera pas repartie fortement. Des valeurs déjà chères pourraient donc encore monter. » « Les politiques monétaires ont contribué à un regain d'intérêt pour les actifs dits "risqués", comme les actions, mais n'ont pas généré pour autant des prises de risque d'un point de vue sectoriel », ajoute Cyrille Collet, chez CPR AM.

 

Un constat qui explique en partie les excellentes performances des secteurs biens de consommation (comprenant des valeurs comme LVMH, L'Oréal, Unilever ou encore Seb) et santé, les deux plus fortes hausses du Stoxx 600 (respectivement + 24 % et + 21,4 %), depuis le début de l'année. Un autre catalyseur est venu se greffer : l'évolution des devises. L'exposition sur le dollar, qui était un handicap par le passé, est devenue une force. « La baisse de l'euro a clairement favorisé les valeurs exportatrices, que l'on trouve par exemple dans le luxe, la chimie... », observe Maxime Alimi, chez Axa IM.

 

Retour des fusions-acquisitions

 

Le retour des opérations de fusion-acquisition en Europe est une autre thématique forte. Il a contribué à soutenir la santé, alors que les bans de mariage ont fleuri un peu partout dans le monde (Perrigo-Mylan, Allergan-génériques de Teva, etc.). Les télécoms, mal aimées pendant de nombreuses années, ont aussi repris du poil de la bête (+ 21 %).

 

L'actualité a été animée par plusieurs annonces de rapprochement : le rachat de Suddenlink par Altice, la fusion récente des filiales italiennes de VimpelCom et d'Hutchison, etc.

 

Mais la tendance qui a sans doute le plus marqué les esprits a été le retour en grâce de l'Europe. Alors que l'eldorado des grands groupes était l'international par le passé, la zone euro est redevenue leur pilier de croissance. La politique de soutien de la BCE et la reprise de la croissance dans la zone euro ont contribué à ce regain d'optimisme. Pour la première fois depuis des années, lors du bal des résultats semestriels cet été, les géants du CAC 40 ont ainsi pu se féliciter de réaliser la majorité de leurs ventes sur le Vieux Continent (61 %) plutôt que dans les grands pays émergents, qui connaissent, eux, un ralentissement. Le marché a ainsi récompensé les pro-européens comme le secteur construction et matériaux, troisième plus forte hausse (+ 21,4 %) en Europe.

 

A l'inverse, les secteurs très exposés directement ou indirectement à la Chine ont beaucoup souffert. Ainsi, le segment des produits de base a été le seul dans le rouge (- 7,9 %) depuis le début de l'année, affecté par le recul des cours de nombreuses matières premières. L'automobile, qui était la star jusqu'à la fin du premier semestre, a perdu de sa superbe depuis quelques semaines et n'est plus qu'au 10e rang des performances sectorielles du Stoxx 600 (+ 15,9 %). La décision de la Chine de dévaluer le yuan ne fait que renforcer son déclin. Sans surprise, le secteur pétrole et gaz (+ 5,3 %) est dans le bas du classement, affecté par le recul du baril.

 

Source : Les Echos