09/02/2015  -  Economie/Finance
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Bruxelles prévoit une inflation nulle pour la France cette année

L’absence de hausse des prix en 2015 rend caduques les recettes et les économies prévues par Bercy. Le gouvernement va devoir trouver des solutions.

 

L’équation budgétaire se complique. Car le budget 2015 de la France, voté fin décembre, s’appuie sur une prévision d’inflation de 0,9% déjà complètement ob-solète. La semaine dernière, Chistian Eckert, le secrétaire d’Etat au Budget, avait déjà reconnu qu’elle serait en réalité «très probablement assez inférieure à 0,9%». Et même vraisemblablement «proche de zéro». La Commission européenne, a enfoncé le clou jeudi, dans ses prévisions économiques d’hiver, en anticipant car-rément une inflation zéro cette année. Et Christian Eckert a confirmé ce vendredi qu’elle serait «plus proche de 0,5% que de 0,9%». Fait suffisamment rare pou être signalé, Bruxelles a par ailleurs revu la croissance à la hausse (1%) et le déficit public à la baisse (4,1%), s’alignant sur les chiffres de Bercy.



Cette inflation nulle, très éloignée du chiffre inscrit dans la loi de finances, peut paraître une bonne nouvelle pour les ménages. Mais elle oblige Bercy à refaire tous ses calculs. Principale conséquence négative, l’effet est mécanique sur les re-cettes de TVA, qui n’atteindront probablement pas leur objectif, a reconnu Christian Eckert. Le manque à gagner pourrait atteindre 1,45 ou 1,48 milliard si l’inflation se limite à 0,% et 750 à 800 millions si elle se situe à 0,5%, selon Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis Asset Management, sur la base de la prévision ac-tuelle de 142,6 milliards pour cette année.



Par ailleurs, et le raisonnement est beaucoup moins intuitif, l’absence d’augmenta-tion du coût de la vie va obliger le gouvernement à trouver de nouvelles économies pour atteindre les 21 milliards promis pour cette année. Tout simplement parce que le montant d’économies est (bizarrement) calculé par rapport à la hausse tendan-cielle des dépenses (si aucune mesure d’économie n’était prise). Conséquence logique, si les prix n’augmentent pas, le gel des prestations sociales, par exemple, n’entraîne pas d’économie selon ce mode de calcul. Michel Sapin, le ministre des finances, qui avait déjà dû revoir ses prévisions à la baisse pour 2015 en sep-tembre dernier, avait annoncé à l’époque que les «2 milliards d’économies qui ne seront pas réalisés à cause de l’inflation» seraient compensés.


Baisse des coûts



Parallèlement, les prix bas, et notamment ceux du pétrole, vont réduire les dé-penses des ministères, ce qui va leur donner davantage de marges de manoeuvre. Les crédits ayant déjà été votés, Bercy va donc devoir batailler pour maintenir le niveau d’effort en leur imposant des économies supplémentaires. Mais le gouver-nement a-t-il le choix? D’autant qu’il prévoit des dépenses supplémentaires pour lutter contre le terrorisme.

 

 

Source : Le Figaro