06/11/2014  -  Patrimoine
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Des fonds en euros «nouvelle génération»

 

L’âge d’or de l’assurance-vie est révolu. Depuis 2012, les rendements des fonds en euros (85 % des 1 500 milliards détenus dans les contrats des Français) ont franchi à la baisse les 3 %. Loin des 4 % et plus d’il y a dix ans.

 

Les taux bas sont une aubaine pour les emprunteurs : ils permettent de souscrire un prêt immobilier, ou de renégocier un ancien crédit, dans d’excellentes conditions. Mais, à l’inverse, ils pénalisent les épargnants. Depuis le 1er août 2014, le livret A ne rapporte plus que 1 %. L’assurance-vie n’est pas mieux placée. La moyenne des rendements des fonds en euros frôle les 2,5 % avant impôts et prélèvements sociaux. En cause, la politique monétaire européenne, responsable de la chute des taux des emprunts d’Etat. Qui entraînent à leur suite la plupart des obligations contenues dans les fonds en euros. Mais ce contexte n’empêche pas de trouver des solutions. Nouvelles formes d’assurance-vie, nouveau plan d’épargne en actions, finance participative… De nouveaux outils qui signifient une prise de risque accrue et des rende-ments moins linéaires. Moins de capital garanti et davantage de diversification : il faudra à l’avenir être plus vigilant, ou choisir d’être conseillé, pour gérer le patrimoine familial. Des incitations fiscales ont été mises en place : un atout réel pour un complément de performance.

 

Le déclin risque a priori d’être durable. « Les rendements des fonds en euros traditionnels périclitent. Et vont continuer à baisser dans les années à venir, à cause de la diminution des taux des dettes souveraines », analyse Jérémy Aras, responsable des produits financiers à l’Institut du patrimoine. « Avec le fonds en euros, vous payez deux fois le déficit budgétaire : une première fois en tant que contribuable, sollicité par une pression fiscale accrue. Et une seconde en tant qu’épargnant, avec un rendement en baisse », renchérit Olivier Potellet, président de Legal & General France. La riposte ? Des produits plus rémunérateurs et tout aussi sécurisés : les « fonds en euros dynamiques » ou fonds « en euros actifs ». « Les fonds en euros dynamiques restent des “fonds en euros” à part entière. Ils conservent la garantie du capital et la liquidité à tout moment », explique Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir. Trois types se distinguent : à orientation immobilière, actions ou diversifiée. Dans ce dernier cas, une « poche de diversification a pour but de surper-former les fonds en euros classiques », explique Vincent Dubois, directeur général de Nortia. En ce qui concerne les fonds dynamiques exposés aux actions, il faut être capable d’accepter de sous-performer les fonds en euros durant les périodes de baisse des marchés. Quant au fonds en euros immobilier, « le risque est qu’il soit fermé aux souscriptions et aux rachats à un moment donné », précise Bernard Le Bras.

 

En contrepartie, ces fonds en euros « nouvelle génération » peuvent rapporter annuellement entre 0,5 et 1 % de plus que la moyenne des fonds en euros. Certains professionnels restent néanmoins sceptiques, et préfèrent diversifier les avoirs de leurs clients en dehors du support en euros. C’est le cas d’Olivier Potellet : « Un fonds en euros doit être “pur”, c’est un gage de transparence accrue. Une allocation diversifiée dans différents secteurs ou diverses zones géographiques peut parfaitement s’envisager dans votre assurance-vie, mais avec l’accompagnement d’un conseiller patrimonial », estime-t-il. Autre inconvénient, ces fonds en euros à taux plus élevés ne sont pas disponibles dans tous les contrats, loin s’en faut.

 

 

Source : Paris Match