03/07/2015  -  Fiscalité
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Fiscalité et marché du travail : les points faibles de la France pour les investisseurs étrangers

Quelle image les investisseurs étrangers ont-ils de la France ? Régulièrement évaluée, souvent reprise dans le discours politique, qu’il s’agisse de la mettre en avant ou d’en déplorer les lacunes, l’attractivité de l’Hexagone s’enrichit d’un nouvel indicateur. Le Comité national des conseillers du commerce extérieur (CNCCEF) devait publier, jeudi 2 juillet, son premier indice en la matière.



Il a été réalisé sous la forme d’un sondage auprès des quelque 4 000 conseillers du commerce extérieur (CCE) français, ces cadres ou chefs d’entreprises bénévoles qui ont pour mission de conseiller les pouvoirs publics et d’aider au développement des entreprises à l’international. « Déficit de compétitivité »



« Il s’agit de contribuer à la réflexion sur l’attractivité française à travers ce que les CCE perçoivent et entendent sur la France dans leur entourage, à l’étranger pour les deux tiers d’entre eux, et dans les régions pour le reste », explique Alain Bentéjac, le président du CNCCEF, une association privée non subventionnée, dont les membres sont toutefois nommés par le premier ministre, sur proposition du secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl.



Sans surprise, « cette première édition [dresse le tableau d’] une France qui semble relativement attractive pour les investisseurs, mais qui souffre également d’un très important déficit de compétitivité dans des domaines essentiels comme la fiscalité, le coût du travail ou la charge administrative », souligne M. Bentéjac. L’indice, présenté sous la forme d’une note sur 100, est construit à partir de douze critères, dont la charge administrative et réglementaire, la fiscalité, la qualité et le coût de la main-d’œuvre, la flexibilité du travail ou encore le climat social.

 

Culture et infrastructures plébiscitées

C’est l’environnement culturel français qui reçoit la meilleure note (91/100), devant la qualité des infrastructures (88) et la qualité de vie (87). Viennent ensuite les capacités d’innovation et de recherche (85) et la qualité de la main-d’œuvre (81).



Du côté des points négatifs, le poids de la fiscalité (13), la rigidité du marché du travail et le climat social (16), ainsi que les contraintes administratives et réglementaires (17) et le coût de la main-d’œuvre (25) viennent assombrir le tableau.



La vision de la France n’est toutefois pas uniforme selon l’endroit d’où l’on, se situe dans le monde. Ainsi, le critère « charge administrative » est perçu plus négativement en Amérique du Nord (notée 11 contre 17 en moyenne), tandis que la « sûreté des personnes » rebute davantage en Asie-Pacifique (51 contre 70). « Cela renvoie aux vols sur des touristes asiatiques, notamment à Paris, dont on se fait régulièrement l’écho dans cette partie du monde », souligne M. Bentéjac.



« Il sera intéressant de voir comment la perception de la France va évoluer dans le temps, notamment avec la mise en place du Conseil stratégique de l’attractivité », qui réunit régulièrement, depuis l’an dernier à l’Elysée, les patrons de grandes entreprises étrangères, souligne M. Bentéjac. L’indice sera actualisé deux fois par an, pendant au moins trois ans.

 

Source : Le Monde