07/11/2014  -  Patrimoine
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Fonds actions et fonds diversifiés: les produits-vedettes face à la crise

 

La dégringolade boursière de 2012 n’a pas épargné les gestionnaires de fonds. Comment s’en sont sortis les meilleurs.

 

Souvenez-vous : en 2012, l’Europe sortait à grand-peine de la crise de la dette souveraine, on se demandait si les pays du Sud allaient pouvoir rester dans la zone euro, et les marchés actions reculaient à nouveau de 15%. Les actionnaires assez courageux pour revenir en Bourse n’étaient alors pas si nombreux. Pourtant, malgré les cahots, quelques fonds ont continué d’attirer les foules grâce à d’impressionnantes performances. Prudence extrême

 

Notamment les fonds diversifiés, ces produits investis sur différentes classes d’actifs (actions, obligations…) et zones géographiques en fonction de l’état du marché. Si Carmignac Gestion, devenu la star française du secteur depuis la crise de 2008, a encore récolté 1,8 milliard d’euros en 2012 sur son fonds-vedette Carmignac Patrimoine, d’autres acteurs ont également bien réussi, comme le français DNCA, le géant américain BlackRock ou le britannique M&G, avec Optimal Income. «C’est le fonds le plus prudent de tous les fonds diversifiés du monde, explique Brice Anger, directeur général de M&G en France. Une véritable alternative au fonds en euros, avec une performance annuelle supérieure à 3% et une vo-latilité de 2,4% en ce moment.» Des arguments qui ont su convaincre les investisseurs français puisque Optimal Income, qui pèse aujourd’hui près de 30 milliards d’euros (dont 10% dans l’Hexagone), représente la moitié de la collecte totale de M&G France. Depuis trois ans, Richard Woolnough, le gérant, a eu un flair incontestable pour gérer son allocation d’actifs et affiche des performances impressionnantes, le double de sa catégorie sur trois et cinq ans.

 

Pari gagnant sur le dollar

 

D’autres ont eu moins de succès, comme Carmignac Patrimoine, qui a connu une année 2013 moins flamboyante (seu-lement 3,5% de gains, à cause de la chute brutale des marchés émergents). Effet immédiat, le fonds a décollecté rapide-ment, même s’il pèse toujours plus de 20 milliards d’euros. Il s’est rattrapé depuis le début d’année, et a mieux résisté à la chute brutale des marchés intervenue fin octobre que la plupart des fonds diversifiés : son pari sur le dollar a porté ses fruits cet été et il a su réduire son exposition actions avant les autres. «Notre analyse est que le cycle économique global est aujourd’hui plus faible, plus fragile, que ce que reflètent les estimations de résultats encore affichées par beaucoup d’analystes, en particulier pour 2015», détaille Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac. Décollecte contre-productive

 

Du côté des gérants de fonds en actions, l’ambiance était encore moins à la fête : 72 milliards d’euros de décollecte nette depuis 2012. C’est même la classe d’actifs qui a le plus décollecté sur la période. «Le marché français ne déroge pas à la règle qui veut que, après une crise, les investisseurs profitent de la reprise des marchés pour solder leurs positions», ex-plique Frédéric Picard, le président de MyFlow.fr, un site spécialisé dans la gestion collective. Phénomène assez normal mais contre-productif puisqu’en 2012, la performance moyenne des fonds actions a été de 16,7%, loin devant les autres classes d’actifs : 9% pour les obligations et 9,3% pour les fonds diversifiés.

 

Quelques maisons seulement ont réussi à tirer leur épingle du jeu et à gagner des clients, contrairement à la majorité des fonds. Ce sont notamment deux sociétés de gestion indépendantes qui ont capté une grande partie du marché, en collectant chacune 1 milliard d’euros sur leur fonds actions, Moneta Multi Caps et Métropole Sélection. Ils devancent Axa, qui a encaissé 500 millions d’euros de souscription sur Axa Europe Actions. Mais ce fonds n’est que l’enveloppe française d’un fonds géré par une société de gestion britannique, rachetée par l’assureur en 2005. Parmi les sociétés de gestion étrangères, DWS Investments, filiale de Deutsche Bank, a collecté plus de 2 milliards avec son fonds thématique qui sélectionne dans le monde entier des actions susceptibles d’offrir des taux de dividende supérieurs à la moyenne du marché. D’ailleurs, c’est aussi le constat des gérants du fonds Eurose. Ils ont comparé le rendement du dividende 2013 d’une action par rapport à celui d’une obligation à cinq ans : un écart de 3 à 6% en faveur des actions. L’argument sera-t-il suffisant pour faire revenir les investisseurs, alors que la Bourse s’est brutalement écroulée en octobre ?

 

 

Source : Challenge.fr