22/06/2016  -  Immobilier
« Retour à la liste

Habiter plus près ou avoir davantage d'espace, des aspirations contradictoires

Les Français sont globalement satisfaits de leur logement. Ils apprécient la maison individuelle, mais pas à n'importe quel prix.

 

Les Français raffolent de leur logement. A peine 11 % n'en est pas satisfait, selon notre sondage. Il y a sans doute peu de domaines où ils sont si ravis, quelles que soient leur profession ou leur région. Seuls les 25-34 ans sont moins enthousiastes (29 % d'insatisfaits), ce qui reflète sans doute les difficultés d'accéder à la propriété ou même à une location en début de vie professionnelle. Plus de la moitié des Français estiment être mieux lotis que leurs parents (52 %), en particulier chez les retraités. Même la facture leur paraît finalement supportable, sauf quand elle dépasse 40 % de leurs revenus - ce qui peut se comprendre mais n'est en réalité pas si fréquent. Les Français estiment que le logement mobilise 28 % de leurs ressources, alors que l'Insee situe cette dépense plutôt à 20 %. Cette satisfaction quasi-générale n'empêche ni l'envie de bouger ni l'aspiration au vert. Plus de 4 Français sur 10 envisagent de changer de logement tôt ou tard, surtout évidemment parmi les jeunes qui n'ont pas encore quitté le cocon familial, mais aussi beaucoup chez les jeunes parents. Et la proportion monte dans les grandes villes. Ils n'idéalisent pas pour autant la petite maison perdue dans la prairie.

 

La sécurité au 3e rang

 

Sept Français sur dix estiment certes que l'avenir du logement sera le pavillon individuel, en périphérie des villes. La proportion est encore plus élevée chez les 25-50 ans. Mais, quand on demande à ceux qui envisagent de déménager s'ils préfèrent un pavillon ou un appartement, ils se répartissent à 50-50 !

 

Il y a en réalité une tension entre l'isolement et la proximité, l'espace et la vie quotidienne. Plus de la moitié des sondés affirment que le temps de transport maximal domicile-travail est supérieur à une demi-heure. La moyenne de leurs réponses est à 28 minutes (les habitants de la région parisienne sont prêts à accepter des durées moitié plus élevées). Or, selon les chiffres de l'Insee, la durée effective est 2 fois moindre ! Les Français se rêvent au loin, mais ils vivent au près. Quand on les interroge sur les motivations du choix du logement en termes de cadre de vie, l'essentiel est d'être proche. Des commerces, des écoles, du lieu de travail... La sécurité vient non pas au premier, mais au troisième rang. Tandis que la qualité des bâtiments, le dynamisme économique ou l'accès à l'Internet haut débit paraissent des préoccupations secondaires. De quoi méditer pour définir les politiques urbaines à venir... ou non.

 

 

Source : Les Echos