11/07/2016  -  Immobilier
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Immobilier à Paris Rive gauche : les prix remontent doucement

Du champs de Mars au jardin des plantes en passant par le jardin du Luxembourg, le sud de la Seine reste dynamique. Les prix parisiens sont sur une pente légèrement ascendante.

 

Les prix de la pierre à Paris esquissent un début de reprise avec une hausse de +1,6 % sur un an. Les professionnels de l'immobilier observent au mois de juin une hausse de +0.5 % selon le baromètre mensuel de meilleuragents.com. Et elle pourrait se confirmer par la suite : une augmentation des prix est attendue d'ici à fin août 2016, où le mètre carré de la capitale devrait passer de 8 050 euros à 8 180 euros selon les prévisions de la Chambre des notaires de Paris. Les taux d'intérêts historiquement bas ainsi que la confiance qui revient selon des enquêtes d'opinion du printemps 2016, sont les deux moteurs puissants de cette reprise. Une reprise ressentie au sud de la Seine, qui comprend des quartiers à la fois historiques comme celui autour de la Sorbonne bordé par le fameux jardin du Luxembourg à l'Ouest et le jardin des plantes à l'Est, mais aussi des quartiers plus familiaux autour du Montparnasse.

 

Les quartiers chics ont la cote

 

Le 5ème arrondissement,quartier historique de Paris, enregistre une belle progression : selon Hervé Rempenault, directeur d'un agence immobilière Century 21 dans le 5ème, « la hausse atteint 5 % dans l'arrondissement depuis le début de l'année,alors qu'il avait subi une baisse de 2 à 3 % en 2015. Cette évolution est largement tirée par la baisse des taux qui attire de plus en plus les investisseurs », explique-t-il. Par ailleurs, traditionnellement étudiant, le quartier de la Sorbonne reste celui où la tension sur les prix est la plus forte « Les parents sont prêts à payer 15 à 20 % plus cher pour les quartiers sectorisés près du prestigieux lycée Henri IV, ce fameux graal » affirme Hervé Rempenault. Le quartier Saint-Victor situé au nord de l'arrondissement, bordé à l'Est par le jardin des plantes et à l'Ouest par la rue Descartes nuance cette étiquette d'arrondissement cher en proposant des immeubles plus abordables de standing moyen. Plus étonnant, dans un quartier marqué par une forte densité foncière, face à l'île de la Cité, rue du Cardinal Lemoine, une résidence neuve 33 Cardinal Lemoine est en train de voir le jour. Ce projet redynamise le quartier, en proposant des prestations du studios au cinq pièces, de 400 000 à 1 000 000 d'euros, avec de belles terrasses au niveau du 5ème étage.

 

Plus à l'Ouest, du côté du 7ème arrondissement, dans le quartier très touristique et chic du Gros Caillou entre les stations de métro Ecole Militaire et la Tour Maubourg, les demandes sont ciblées sur les grands appartements haut de gamme, correspondant à un cadre plus familial. Un appartement typique parisien des années 1930 avec parquet, moulures et cheminée de 98 mètres carrés comprenant un double séjour et deux chambres au 3ème étage d'un immeuble situé dans un square de la rue de Grenelle s'est vendu récemment à 1.225.000 d'euros frais d'agence inclus. Encore plus luxueux, un appartement, avenue Elysée Reclus, à deux pas de la Tour Eiffel, dans un immeuble fin XIXe de 279 mètres carrés, comportant huit pièces dont cinq chambres avec deux caves et une chambre de service s'est vendu 5.350.000 d'euros après 5 % de négociation, et un délai de vente d'environ trois mois. La capitale abrite aussi dans ce quartier de très belles prestations à l'image de l 'immeuble « le bijou du 7ème », un bien aux qualités rares, proposé à la vente pour 31 millions d'euros. Totalement rénové, il comprend deux immeubles principaux datant du XVIIIe et du XIXe siècle, dont un hôtel particulier richement construit, laissant rêveurs de potentiels acheteurs...

 

Du côté du 15ème arrondissement, après une faible activité jusqu'en avril 2016, les prix repartent à la hausse depuis le mois de mai. En témoigne la vente récente d'un appartement de la rue de Cambronne, très bien situé, de 47 mètres carrés, vendu 459 000 euros, soit 9 600 euros du mètre carré, ce qui le situe dans la fourchette haute des prix du 15ème arrondissement. Le charme de l'ancien fait le cachet de ce bien et explique une vente éclair en moins d'une semaine, sans négociation. De même, dans le quartier saint Lambert, un appartement trois pièces de 94 mètres carré situé rue Leriche, au rez-de-chaussée, s'est vendu 770 000 euros, en trois jours seulement. Le jardin de 40 mètres carrés et le calme du quartier étant des atouts non négligeables de ce bien au coeur de Paris. De manière générale, on observe effectivement une baisse des délais de vente se situant autour de 50 jours selon meilleursagents.com pour la capitale.

 

Vent nouveau au sud de la capitale

 

A la frontière est du 15e arrondissement, le quartier de la porte de Vanves dans le 14ème arrondissement subit d'importantes rénovations depuis quelques années. De nombreux investissements concentrés autour de l'ancienne ligne de chemin de fer (Ceinture verte) et du quartier Broussais redonnent vie à ce secteur encore délaissé par les acheteurs. Pour Julien Guillaume, responsable des ventes d'une agence Orpi, ce quartier « retrouvera ses lettres d'or à l'image du quartier Plaisance-Pernety voilà vingt ans, passant du statut de quartier « à éviter » à celui de « recherché » ». Les prix pratiqués actuellement sur ce secteur sont pour le moment plus bas que ceux de la moyenne de l'arrondissement (8 390 euros le mètre carré selon MeilleursAgents.com). En témoigne la vente récente d'un appartement de 50 mètres carrés de deux-pièces, au troisième étage avec ascenseur, à rafraîchir, possédant une cave proposé à 335 000 euros et vendu à 325 000 euros. C'est malgré tout autour de Montparnasse jusqu'au nord du Petit Montrouge que se concentrent la majeure partie des demandes. Les commerces ainsi que la vie de quartier sont très animés et en font une zone de prédilection. Les appartements de deux ou trois pièces y sont très prisés : un deux-pièces, dans un immeuble ancien en pierre dans le quartier Pernety, au 3ème étage, d'une surface de 35 mètres carré, doté d'une cave, s'est vendu récemment à 310 000 euros, en seulement trois semaines. C'est aussi la tendance dans le 13ème arrondissement dans le quartier du Parc-de-Montsouris où les produits sans défaut partent très vite : un deux-pièces de 35 mètres carrés au 3ème étage d'un bel immeuble ancien en pierre, en parfait état s'est vendu 310 000 euros en moins d'un mois, sans négociation.

 

Le frein de l'encadrement des loyers

 

A Paris, les loyers doivent respecter des valeurs limites fixées par arrêté préfectoral. Ce dispositif a élargi l'offre de petites surfaces : nombre de particuliers revendent des biens désormais moins rentables. Un afflux qui « redonne une normalité au marché » selon Serge Bussat directeur d'une agence Guy Hoquet dans le 15ème arrondissement. Il regrette cependant que le plafonnement des loyers soit un frein à l'investissement dans des biens de qualité « Entre un appartement au 7ème étage ou un rez-de-chaussée, les investisseurs choisissent la deuxième option car 10 % moins cher ».

 

Dans le sud-est parisien, beaucoup de familles cherchent des logements un peu plus grands. Dans le quartier de la Salpêtrière, dans le 13ème arrondissement, un bien de 95 mètres carré composé de cinq pièces, de type ancien, avec moulures et cheminée, situé boulevard de l'Hôpital, en très bon état s'est vendu à 934 500 euros avec une marge de négociation de 3 % en seulement un mois. Situé entre la place d'Italie, très bien desservie au niveau des transports en commun et le Jardin des Plantes, c'est un emplacement idéal dans la capitale, où le prix du mètre carré tourne autour de 7 500 euros.

 

Source : Les Echos