03/08/2016  -  Immobilier
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Immobilier : Rennes profite de l’effet TGV

Le marché immobilier rennais est très actif. Les transactions s’accélèrent, et les prix grimpent. Aujourd’hui à un peu plus de 2 heures de la capitale, la ville sera bientôt accessible en seulement 1h 27 en TGV.

 

 

« Les transactions sont plus nombreuses qu'en 2015 » affirme Anne Vestu, directrice de l'agence La Française Immobilière à Cleunay au sud ouest de la ville. A Rennes, on trouve un appartement pour un prix moyen au mètre carré de 2.477 euros et une maison pour 3.142 euros selon les chiffres de juillet de MeilleursAgents.com.

 

Des prix qui augmentent en moyenne de 0,8% sur un an à fin juillet avec une accélération sur les trois derniers mois (+2,1 %). Première ville de la région Bretagne, elle bénéficie d'un accès rapide à la mer (30 minutes) et de la proximité avec la capitale grâce au TGV.

 

Peu d'offre de petites surfaces en centre-ville

 

La richesse architecturale du coeur de la ville fait la renommée de Rennes. Ses maisons traditionnelles à pans de bois, le long des rues Saint-Sauveur, Saint-George ou encore Saint-Michel, côtoient les anciennes portes moderlaises (vestiges des remparts de Rennes). Ce quartier concentre une forte demande (sauf pour la rue Saint-Michel, bruyante et très animée le soir) notamment pour les petites surfaces, pour lesquelles l'offre est faible.

 

Difficile pour les étudiants de se loger dans le quartier. Les propriétaires trient sur le volet les nombreuses demandes et sélectionnent les meilleurs dossiers. Dès lors, les petits logements du quartiers sont aussi recherchés par les investisseurs.

 

Un studio de 27 mètres carrés, dans un ancien bâtiment du XVIIe siècle, entièrement rénové, situé place des Lices, s'est vendu en deux semaines 102 000 euros (soit 3 800 euros du mètre carré). Mais seuls se vendent facilement le biens en bon état. « Dans le centre, les immeubles datant des XVI et XVIIe siècles, nécessitent de nombreux travaux, que les acheteurs ne sont pas prêts à supporter », explique Morgan Dréano, directeur de l'agence Century 21 Dréano Immobilier. Le quartier du côté du boulevard de Chézy est assez prisé, les prix y sont plus accessibles, on y trouve des immeubles des années 1960/70.

 

Sud Gare se réinvente

 

Plus au sud, le quartier de la Gare est appelé à un bel avenir. Avec le projet de ligne LGV (2017) reliant Rennes à Paris en seulement 1h27 (contre 2h10 aujourd'hui), et la mise en service de la 2e ligne de métro à l'horizon 2019 (un arrêt « Gare » est prévu), ce quartier connaît de nombreuses transformations. Selon Jean Albin Richard, « l'effet LGV est déjà rentré dans les têtes, attirant ainsi des acheteurs venant de la région parisienne ». Il a vendu à un couple de parisiens qui cherchait près de la gare un appartement de 98 mètres carrés, dans un immeuble des années 1930, en parfait état, pour 285 000 euros. Le projet EuroRennes s'élabore non seulement autour d'une série de rénovations de la gare mais projette aussi de réaménager totalement le quartier : nouveaux immeubles, logements, bureaux et commerces fleurissent dans cet environnement porteur et connecté à l'Europe.

 

Dans ce quartier, qui connaît un vrai regain et un rajeunissement de la population, selon Morgan Dréano les prix ont augmenté de 10 à 15% depuis un an. Une maison dans le secteur Sacré Coeur, boulevard Jacques Cartier, type années 1960, de 100 mètres carrés, sur un terrain de 500 mètres carrés, entièrement à rénover (compter un budget travaux de 150.000 euros), s'est vendue 305.000 euros en deux mois.

 

Sévigné et Thabor ont toujours la cote

 

Situés à l'est du centre-ville, Sévigné et Thabor sont les quartiers historiquement bourgeois de la ville. Les prix y restent stables, sauf sur les biens des années 1960 qui ont tendance à baisser. Les très grandes maisons sont difficiles à vendre et les délais de vente s'allongent. Lors de la construction du boulevard de Sévigné, ces maisons à plusieurs étages, comprenant chacun quatre à cinq chambres, datant des années 1870-1900 se sont massivement construites. Selon Claudine Mercier, directrice de l'agence La Française de l'Immobilier secteur Sévigné « Aujourd'hui on ne recherche plus ces « grands paquebots ». Les gens travaillent dans la semaine, et le week-end ils n'ont pas envie d'entretenir de trop grands volumes. »

 

Les maisons de plus petite taille, sont en revanche elles, très recherchées. Le triangle d'or est particulièrement assailli : du côté de la rue de Palestine jusqu'à l'angle entre la rue de Fougères et le boulevard de Metz, la demande est forte. On trouve des appartements pour 2.802 euros le mètre carré et des maisons pour 3 653 euros le mètre carré. Une maison de 200 mètres carrés sur 480 mètres de terrain, en parfait état avec une structure ancienne, et une extension de 60 mètres carrés, très contemporaine, avec de grandes baies vitrées et ouverture sur jardin, située à trois pas du futur métro Jules ferry, s'est vendue 960.000 euros, en un jour seulement. Idem pour une maison en pierre de 140 mètres carrés dans le même style. Située sur une parcelle de 420 mètres carrés, boulevard de Sévigné, idéalement placée et en bon état, comprenant deux salles d'eau et une salle de bain s'est vendue 620.000 euros, elle a immédiatement séduit les acheteurs. En moyenne sur le secteur les délais de vente sont d'un mois et demi, et ils ont tendance à se raccourcir.

 

Jeanne d'Arc et Longs-Champs, quartiers étudiants

 

Très anciennement urbanisé, Jeanne d'Arc est situé assez loin du centre, délimité par l'avenue François Château au sud et boulevard de Strasbourg et de Metz à l'Ouest, bordé au nord par la rue de Fougères. Le grand nombre de programmes neufs (Le Florilège, Central Park, Les Terrasses de Jeanne...) et le métro (ligne B) prévu pour 2019 apportent un vent de fraîcheur au nord du quartier. Situé entre deux parcs, celui de Maurepas et des Gayeulles, ce secteur est aussi animé par une vie de quartier, qui attire à la fois les étudiants et les familles.

 

La présence des centres d'enseignements (Lycée Chateaubriand, Cité universitaire de Beaulieu...) rend ce quartier attractif pour les jeunes. On y trouve un appartement pour un prix moyen au mètre carré de 2 411 euros et une maison pour 2 733 euros (selon Meilleursagents.com). Une maison de 100 mètres carrés sur 400 mètres carrés de terrain, datant de 1994, de plain pied, comprenant un jardin exposé sud, dans une rue calme, s'est vendue 391 000 euros en deux mois.

 

 

Source : Les Echos
 
© Nicolas Vollmer