22/09/2014  -  Fiscalité
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Impôt : vers le totalitarisme fiscal ?

 

 

Les impôts et les cotisations obligatoires constituent une opportunité sans précédent pour accumuler des informations individuelles qui, à terme, représente une menace considérabe pour nos libertés.

 

L’apparition de l’État-providence au 20ème siècle a conduit à multiplier les impôts et à promouvoir l’interventionnisme économique et social, en particulier sous la forme de systèmes de protection sociale financés par cotisations obligatoires. Les dirigeants politiques de gauche ou de droite sont devenus des virtuoses de la communication dans ce domaine, sur un registre d’ailleurs simpliste mais efficace : augmenter les prélèvements obligatoires est un progrès pour tous, y compris pour ceux qui les payent. Il fallait y penser. Ce tsunami d’impôts et de cotisations obligatoires constitue aussi une opportunité pour accumuler des informations individuelles qui, à terme, représente une menace considérable pour les libertés publiques. Sans nous en rendre toujours compte, nous sommes déjà sur ce que Hayek appelait La route de la servitude.

 

D’après cet auteur : «Il n’est pas admissible que l’État, sous couvert d’efficience fiscale, accumule une information financière sur les revenus et les patrimoines. Cette fonction appartient aux instituts de statistiques mais de façon totalement anonyme. L’impôt progressif sur le revenu global des foyers fiscaux est donc attentatoire à la liberté. Il nécessite en effet une base de données nominative de l’ensemble de la population, mise à jour annuellement à partir des déclarations de revenus obligatoires. Le libéralisme suppose une imposition du revenu à caractère proportionnel (flat tax) qui n’exclut d’ailleurs pas les préoccupations sociales. En effet, le mécanisme de l’impôt négatif est parfaitement adapté à l’impôt proportionnel : au-dessous d’un certain niveau de revenu, au lieu de payer, le contribuable reçoit de l’argent.» « En ce qui concerne les droits de succession, l’État n’a évidemment pas à décider que les transmissions en ligne directe sont acceptables jusqu’à un certain niveau (actuellement en France abattement de 100 000 € par part) mais fortement taxables au-delà d’un certain seuil (actuellement taux de 45% à partir de 1 805 677 €). Il n’a pas non plus à spolier ceux qui veulent transmettre en dehors de leur famille (taux d’imposition de 60% sur le total de la succession). La seule solution respectant le libre choix individuel est une taxe proportionnelle à taux unique sur les éléments transmis. Tous ces exemples prouvent, s’il en était besoin, que la fiscalité repose sur une idéologie commune aux partis de droite et de gauche plaçant le pouvoir économique et financier de l’État au-dessus du respect des libertés individuelles.

 

 

Source : Contre Point