09/03/2015  -  International
« Retour à la liste

La BCE donne le coup d’envoi à ses rachats de dettes

Comme l’avait résumé le Wall Street Journal avant la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 5 mars à Chypre, les milieux financiers avaient cinq grandes interrogations sur lesquelles ils attendaient des réponses : quand l’institution monétaire comptait-elle lancer son programme de rachat de dettes ? Ferait-elle preuve d’un peu de flexibilité sur la durée de la mise en œuvre de ce pro-gramme ? Quels seraient les critères de réussite ? Comment la BCE dépeindrait-elle la conjoncture ? Et, enfin, quel discours allait-elle tenir sur la Grèce, dont les finances et la capacité à faire face à ses échéances de remboursements d’emprunts dans les prochaines semaines, suscitent de gros doutes ? Mario Draghi, le président la BCE a, plus ou moins, répondu à ces différentes questions. 

 

Quand le programme de rachat de dettes débutera-t-il ?

M. Draghi a indiqué que l’institution commencera « le 9 mars 2015 à acheter des titres du secteur public libellés en euro sur le marché secondaire ». Il a ajouté que les achats de « titres adossés à des actifs et des obligations sécurisées », commencés « l’an dernier » seront « poursuivis ». Le programme de rachats mas-sifs de dettes publiques, dit d’assouplissement quantitatif (quantitative easing en anglais, ou QE), avait été annoncé le 22 janvier.

 

Quel est l’objectif ?

L’objectif est de déjouer la menace déflationniste pesant sur le Vieux Continent en relançant le crédit et l’activité. En augmentant la quantité d’euros en circulation, la BCE espère aussi faire baisser le cours de la monnaie unique face au dollar, favorisant au passage les exportateurs européens.

 

Jusqu’à quand le programme sera-t-il maintenu ?

La BCE a prévu de racheter chaque mois, et jusqu’en septembre 2016, pour 50 milliards d’euros d’obliga-tions souveraines de la zone euro et 10 milliards de titres privés, tels que des créances titrisées d’entreprises (les ABS). Au total, ces opérations pourraient donc dépasser les 1 000 milliards d’euros.

La date de septembre 2016 n’est toutefois pas une date butoir. Le programme sera prolongé « au-delà si besoin », a expliqué M. Draghi.

 

Quel est le critère de « succès » que se fixe la BCE ?

M. Drahi a expliqué que l’objectif est d’être « proche mais en dessous » des 2 % d’inflation.

À l’heure actuelle, l’évolution des prix est négative : ils ont baissé de 0,3 % en février, selon des statistiques publiées lundi 2 mars.

Même s’il reste négatif, ce taux est meilleur que celui de janvier (– 0,6 %), preuve que les pressions défla-tionnistes à l’œuvre dans l’union monétaire s’estompent un peu.

 

Comment la BCE entrevoit-elle l’économie de la zone euro ?

« Il y a toujours des risques » pour l’économie européenne, « mais ils ont diminué », a estimé M. Draghi. La BCE considère que l’évolution des prix devrait être de 0 % cette année, alors qu’elle tablait jusqu’à pré-sent sur une hausse de 0 7 %. Mais elle évoque un chiffre de + 1,5 % pour 2016.

 

Quelle est l’efficacité attendue du programme de rachat de dettes ?

« Nos décisions de politique monétaire ont stoppé un déclin des attentes d’inflation, qui avait débuté en juin 2014 », a assuré M. Draghi. « Nous voyons que nos objectifs commencent à être atteints », a-t-il aussi dé-claré.

Selon un « sondage » effectué la semaine dernière par l’agence Reuters auprès d’économistes interrogés, ceux-ci sont toutefois très partagés sur le fait que le programme de rachat d’obligations de la BCE puisse ramener l’inflation vers l’objectif et tout autant sur le fait que cela puisse se faire d’ici à septembre 2016.

 

 

Source : Le Monde