26/04/2016  -  Economie/Finance
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La Bourse a fait mentir la plupart des analystes au 1er trimestre

  

Le trimestre boursier s'est clos jeudi sur un bilan assez éloigné des anticipations des analystes du début d'année. La bonne performance est à chercher du coté des actions des sociétés spécialisées dans les produits de base et des pays liés comme la Russie : l'indice inscrit une hausse de 12,5%. La résistance est plus que bonne sur les marchés américains qui gagnent 1 à 3 %. En revanche les actions japonaises ont perdu 15% et, en moyenne, les européennes ont cédé 8%. Ce recul est proche de celui du DAX 30 allemand et le CAC 40 a mieux résisté et a limité finalement les pertes du premier trimestre à 4,5 %. Au plus bas de la première moitié de février, les déchets avaient dépassé 15 %. Pour compléter ce panorama inversé par rapport aux attentes, on doit citer la fermeté de l'euro (en hausse de 5 % face au dollar et de 8 % par rapport à la livre sterling) et, surtout, la progression de 15 % de l'once d'or. Enfin, les valeurs financières -banques et compagnies d'assurance – sont en tête des baisses.

 

Trois phases de stress, puis de remontée

 

Avec le recul, on peut analyser ce premier trimestre dans le scénario « peur d'un décrochage »-puis « correction des excès « qui s'est répété trois fois depuis le début du mois d'août dernier. Les épisodes « crainte de dévaluation chinoise » (août), « craintes d'effondrement des cours du pétrole » (décembre), « craintes de défaillances bancaires » (janvier) n'ont été qu'en partie effacés dans les périodes de retour au calme et la tendance générale reste baissière.

 

Doute sur l'efficacité des banques centrales

 

Le mois d'avril a commencé dans une ambiance de nouveaux doutes. Ces doutes concernent l'efficacité des politiques monétaires et, par conséquent, leur possibilité de maintenir la croissance aux États-Unis, de la soutenir en Europe et au Japon, de relancer l'inflation dans ces zones. Sur un fond de confirmation de la crise de croissance chinoise, les nouvelles initiatives de la Banque Centrale Européenne doivent maintenant trouver une traduction dans la réalité économique, et la modération de la Réserve Fédérale dans sa politique de normalisation est révélateur de ses doutes sur l'évolution du site.

 

Au bilan de la semaine, l'indice CAC 40 rend autour d'un demi point. La configuration technique – dite de tête épaules – entraîne l'indice CAC 40 vers un support de 4.250 points. Si elle devait être enfoncée, une nouvelle phase de consolidation se dessinerait. Pour le moment la fourchette d'évolution 4.300-4.500 qui tient correspond à une phase de stabilisation

 

C'est la publication des résultats des entreprises qui pourra entraîner le marché au-delà des bornes définies, dans un sens ou dans un autre. Les comptes trimestriels vont être publiés par les compagnies américaines à partir de la semaine prochaine. Ils devraient se traduire par une baisse de 5 à 10%, mais, hors secteur pétrolier, ils s'inscriront sans doute en progression. Les chiffre d'affaires européens donneront des indications plus limitées, mais le discours des dirigeants donnera un avant-goût pour des semestriels attendus en sensible progrès avec un effet dollar et un effet taux commençant à jouer en faveur des marges.

 

Position d'attente

 

La tendance assez stable et la possibilité d'une dégradation dans les deux ou trois semaines qui viennent conduit interactions.tv à rester sur les positions et à limiter les initiatives. On attendra les publications des sociétés pour saisir des opportunités qui pourraient se dégager de décalages de marché sur des valeurs cycliques (liées à la baisse du pétrole), si des sociétés liées à l'investissement en Europe et, surtout sur celles opérant sur les secteurs de la consommation en Europe et aux États-Unis.

 

 

Source : Hubert Tassin / Challenges