18/05/2015  -  Immobilier
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La construction va vite redémarrer en France

Bouygues et les professionnels attendent une augmentation des commandes dans l’Hexagone à partir de 2016.

Le bout du tunnel. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels mercredi, Bouygues a pronostiqué une reprise des commandes dans la construction en France en 2016. Il y a quelques semaines, le PDG de Vinci, Xavier Huillard, allait un peu moins loin mais était sur la même ligne en affirmant: «Le point bas a été atteint en France en 2015.» De fait, les professionnels qui viennent de traverser des années très difficiles ont des raisons d’être un peu optimistes. Le plan de relance des autoroutes qui prévoit 3,2 milliards de travaux devrait donner lieu aux premiers chantiers en septembre. Ceux du Grand Paris, qui consistent à construire de nouvelles lignes de métro dans la région capitale, mon-teront en puissance l’année prochaine. Le plan Juncker qui prévoit des dizaines de milliards d’investissement dans les infrastructures devrait également entrer en application en 2016. Enfin, sept régions (Bretagne, Alsace, Rhône-Alpes…) ont déjà signé un contrat de plan avec l’État: ce dispositif qui permettra d’investir 12,5 milliards d’euros en infrastructures d’ici à 2020.

 

«Aujourd’hui, il y a pas mal de signaux positifs qui se des-sinent, résume Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics. Nous espérons qu’ils porteront leurs fruits l’année prochaine.» Pour la construction de loge-ments, les acteurs restent prudents. «Les logements recom-mencent à se vendre notamment grâce au succès de la loi Pinel réservée aux particuliers investisseurs, glisse Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. Et si les industriels se remettent à commander des machines, ils auront besoin de nouveaux locaux.» En revanche, il n’y a aucun indice de redémarrage sur le marché de la rénovation qui représente 55 % de l’activité. «Le crédit d’impôt transition énergétique n’a pas eu l’effet escompté, déplore Jacques Chanut. Peut-être parce qu’entre le moment où le dispositif a été annoncé et sa mise en œuvre début 2015, il s’est passé six mois.» En tout cas, il était temps que des perspectives plus souriantes s’annoncent car le cru 2015 est encore très dur. «Au premier trimestre de cette année, les dépôts de bilan ont encore progressé de 11 % en moyenne dans notre secteur et même de 30 % pour les PME entre 1 et 5 salariés, déplore Jacques Chanut. Après avoir supprimé 30.000 emplois en 2014, on devrait en perdre autant cette année.» Quant à la Fédération des travaux publics, elle maintient toujours que l’activité dans ses métiers va reculer de 8 % en 2015.

Une reprise prudente sur le front de l’emploi

Attention néanmoins à ne pas trop attendre de ce redémarrage des commandes. Elles ne s’accompagneront pas forcément d’embauches massives. «Après plusieurs années de crise, les entreprises sont échaudées, estime Bruno Cavagné. L’emploi repartira en intérim mais ou en CDD mais pas en CDI.»

Si l’utilisation frauduleuse des travailleurs détachés venus de pays avec de faibles niveaux de charges sociales n’est pas sévèrement contrôlée, beaucoup seront tentés de recourir à ces pratiques peu ragoûtantes. Horaires à rallonge, non-paiement des cotisations retraite… les manquements pour faire des économies sont nombreux envers ces popu-lations fragilisées. «Tant qu’on n’aura pas suffisamment de contrôles pour appliquer les sanctions prévues, le danger sera là», prévient Jacques Chanut. D’autant plus que la tentation est grande pour des entrepreneurs peu scrupuleux: dans les travaux publics, on pointe du doigt la distorsion de concurrence avec les travailleurs détachés pour lesquels le compte pénibilité ne s’appliquera pas.

 

 

Source : Le Figaro