15/06/2016  -  Economie/Finance
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La crainte du Brexit perturbe les marchés en Europe

La proximité du référendum en Grande-Bretagne réveille les craintes des marchés. Le Brexit serait un saut dans l'inconnu.

 

Il y a une semaine, les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, bien moins bons que prévu, avaient commencé à ébranler la confiance des marchés Le 3 juin, la Bourse de Paris avait enregistré sa plus forte baisse depuis un mois (-0,99 %). Ce vendredi, elle vient de connaître un nouveau coup d'arrêt (-2,24 %). Mais cette fois-ci, l'emploi américain n'y est pour rien. Le fautif se trouve plutôt de l'autre côté de la manche : le vote du 23 juin pour ou contre le Brexit. Dans dix jours, les Britanniques auront leur destin en main et l'issue reste très incertaine. Trop pour des investisseurs qui préfèrent se délester de leurs actions avant cette échéance. Il y a quelques jours, Aurel BGC notait que « l'apparente sérénité sur les marchés pourrait presque inquiéter », ceux-ci semblant s'en remettre à l'idée que les sondages se trompent, fort de l'expérience du référendum sur l'indépendance écossaise ou sur les législatives de 2015. Au point qu'ils font aujourd'hui plus confiance aux Bookmakers qui donnent le « Bremain » largement favori.

 

Mais si l'issue du vote est incertaine, ce n'est rien à côté du trou noir que constituerait un Brexit. « Ce serait un saut dans l'inconnu », reconnaît Anton Brender chez Candriam AM. qui anticipe un « choc massif », du moins à court terme sur les actions britanniques, mais aussi sur les actions de la zone euro, compte tenu de la perte de confiance que cela entraînerait dans les institutions européennes. « Les marchés pourraient réagir moins vivement que redouté, car la sortie de l'UE ne sera ni immédiate, ni a priori désordonnée pour le Royaume-Uni », tempère toutefois Tangi Le Liboux chez Aurel BGC, d'autant qu'une chute de la livre sterling et une intervention de la Banque d'Angleterre pourraient soutenir les actions. « Mais comment évaluer les conséquences d'un événement qui ne s'est jamais produit auparavant et qui est susceptible d'inoculer l'idée que le délitement de l'UE est en marche ? »

 

Sorties de capitaux

 

On peut donc comprendre qu'à 10 jours du scrutin, l'aversion au risque refasse son apparition sur les marchés. Les investisseurs délaissent les actions de la zone euro au profit des emprunts d'Etat jugés plus sûrs, le bund allemand en tête, suivi des taux français. Les fonds actions Europe viennent d'ailleurs d'enregistrer leur 18e semaine de suite de sorties de capitaux, selon Bank of America ML. Les investisseurs ont retiré 2,2 milliards d'euros en une semaine - close au 9 juin.

 

Enfin, la levée de l'incertitude sur le Brexit n'effacera pas tous les risques qui pèsent sur les marchés financiers. « Beaucoup d'autres risques demeurent en 2016 », note Aberdeen : une récession mondiale, l'efficacité des politiques des banques centrales, voire une rechute du pétrole. « Si le Bremain l'emporte, ce qui est l'hypothèse toujours privilégiée, les marchés devraient ensuite se focaliser sur la réunion de la Fed du 27 juillet, selon Tangi Le Liboux. Or les chiffres mensuels de l'emploi pour mai ont incité Janet Yellen, sa présidente, à modifier sa communication entre ses deux dernières interventions publiques ». Le message de la Fed devient de plus en plus difficile à lire depuis quelques mois, ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle pour des marchés qui n'arrivent plus à se passer des injections de l'iquidités des banques centrales.

 

 

Source : Les Echos