26/05/2015  -  International
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La discrète « américanisation » de l’Europe des capitaux

Le but de l’UMC (Livre vert sur l’Union des marchés de capitaux) est en clair d’abandonner le modèle européen de financement de l’économie à 80% par les banques et 20% par les marchés pour engager le rapprochement vers le modèle américain qui a les proportions inverses, 80% par les marchés, 20% par les banques. Les arguments en faveur du modèle américain sont puissants. Il apparaît d’abord que la reprise est plus franche dans les pays anglo-saxons, les marchés, en somme, fonctionneraient mieux que les banques dans un rebond du cycle. Ensuite, l’Europe financière ne sera constituée que lorsqu’une PME portugaise bénéficiera d’un financement égal à une PME allemande, à risque et business plan égaux. Mais aujourd’hui la PME portugaise souffre d’une pénalité due à la note de son pays. C’est absurde mais cela vient de la fragmentation du marché bancaire. Cependant, il faudrait qu’on ne punisse pas exagérément nos banques pour les rendre inaptes à une « fair » compétition. Hélas, tout se passe dans le sens opposé à cause de la crise. Les gouvernements n’ont dans toute cette affaire qu’une obsession : que les contribuables ne soient plus appelés à la rescousse pour sauver les banques. Ils demandent à Bruxelles de leur mettre un corset jamais assez serré (ratio de capital) et ils étendent l’exigence aux assureurs. La conséquence est de retirer à la banque-assurance continentale sa puissance de financement de l’économie, en particulier de son exposition aux risques de long terme.

 

 

Source : Les Echos