23/12/2015  -  Patrimoine
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La rémunération du PEL de nouveau menacée

 

Parmi tous les produits d’épargne réglementés qui existent, le Plan d’épargne logement (PEL) est le seul à avoir suscité l’engouement des particuliers en 2015. De janvier à fin octobre, selon les derniers chiffres de la Banque de France, 16,5 milliards d’euros ont été déposés sur ce produit d’épargne, portant l’encours à un niveau historique de 232 milliards d’euros.

 

D’ailleurs, lorsque la rémunération du Livret A a été une énième fois abaissée le 1er août à 0,75 %, la Banque de France a constaté une décollecte de 5 milliards d’euros au cours des trois mois qui ont suivi. Des fonds qui sont, en partie, venus alimenter les PEL.

 

Il faut dire que le taux des PEL s’élève à 2 % pour les plans ouverts à compter du 1er février 2015 (les précédents rapportant au minimum 2,5 %) et c’est le seul produit d’épargne qui maintient sa rémunération tout au long de sa vie.

 

Oui mais la Banque de France souhaite encore voir le taux du PEL diminuer. En avril, elle rappelait, dans son relevé mensuel des taux de rémunération moyens des dépôts bancaires, qu’il demeurait très supérieur au marché. En juillet, le gouverneur de la Banque de France insitait en soulignant, dans une interview au Monde, que son taux était trop élevé.

 

Et dans son dernier pointage, daté du 4 décembre, l’insitution précisait que, selon la formule mathématique du taux du PEL, celui-ci devrait être de seulement... 0,5 %. Pour cela, il faudrait s’affranchir du taux plancher, actuellement fixé à 2 %. En théorie, la rémunération du PEL ne peut, en effet, être inférieure à ce niveau, mais dans les faits ce n’est qu’une question de sémantique, car ce taux était, jusqu’en février 2015, bloqué à 2,5%.

 

Le gouvernement pourrait donc être tenté de suivre la recommandation de la Banque de France et de réduire à nouveau le taux de ce livret d’épargne qui ne remplit plus sa mission première : l’acquisition ou la rénovation immobilière.

 

Epargne de précaution bien rémunérée

 

Le but du PEL est, en effet, de permettre de pouvoir emprunter à un taux donné pour financer l’achat de sa résidence principale notamment. Seulement, ces taux de crédits sont nettement supérieurs à ceux du marché (3,20 % avec le PEL contre actuellement autour de 2 % pour un emprunt sur 20 ans dans une banque).

 

Les particuliers qui s’intéressent au PEL le voient donc plus comme un placement d’épargne de précaution bien rémunéré, car tout plan peut-être fermé sans pénalité après seulement deux ans de détention et permettre de toucher le taux promis moins la fiscalité, c’est-à-dire la CSG-CRDS de 15,5 %.

 

Dans ce contexte, le gouvernement, qui cherche actuellement à débloquer l’épargne pour financer l’investissement de l’économie (à travers les entreprises) pourrait donc raboter encore un peu plus le PEL.

 

La décision sera prise dans les prochaines semaines et effective le 1er février 2016. Si tel est le cas, les épargnants pourront encore se précipiter pour ouvrir un PEL avant cette date afin de bénéficier du taux de 2 % brut.

 

Cette baisse du taux du PEL, si elle est confirmée, pourrait aussi décevoir les banques, qui n’ont pas hésité à promouvoir ce produit d’épargne tout au long de l’année. Un placement gagnant-gagnant puisque, contrairement aux Livrets A, LDD ou à l’assurance-vie, les sommes versées sur les PEL entrent dans le calcul des ratios de solvabilité des banques.

 

 
Source : Le Monde