21/04/2015  -  International
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«La sortie de la Grèce de la zone euro affecterait l’économie mondiale»

Dans un entretien au Figaro, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, met en garde contre les dangers d’un «Grexit». La Grèce, qui doit 110 milliards d’euros à l’Eurosystème, pourrait sortir de la zone euro en cas de non-remboursement.

 

Ne sous-estime-t-on pas les conséquences pour la zone euro et pour l’écono-mie mondiale d’une sortie de la Grèce de l’euro?

Christian NOYER - Quand on analyse les effets que provoquerait un tel évé-nement, ce serait bien sûr un traumatisme pour la zone euro. Le choc serait porteur de risques plus généraux, et on peut dire que l’ensemble de l’éco-nomie mondiale serait affectée comme elle l’est après toute secousse forte. Mais de l’avis général les conséquences les plus dramatiques seraient pour la Grèce qui subirait une crise économique majeure sans résoudre en rien ses problèmes fondamentaux de croissance et de chômage. C’est donc une issue qui n’est ni souhaitable, ni jugée crédible par ses partenaires. Mais la balle est dans le camp du gouvernement grec. On a perdu beaucoup de temps. Les autorités grecques doivent faire très rapidement une proposition complète de réformes susceptibles de leur permettre de retrouver un modèle économique viable. Il leur faut en discuter sérieusement avec les institutions européennes et le FMI.

 

La BCE continue d’apporter des liquidités à la Grèce, quelle est la doctrine en la matière?

La position de l’Eurosystème est claire, les financements nécessaires pour l’économie grecque sont mis en place dès lors que les conditions sont rem-plies: que les banques sont solvables, qu’elles apportent des collatéraux garantissant les refinancements qui leur sont accordés. Sur cette base, les montants de liquidités d’urgence qui viennent compléter les refinancements habituels accordés aux banques ont été considérablement accrus. Ces der-niers sont insuffisants car il y a eu énormément de retraits des dépôts et de fuite des capitaux. Tout en rappelant que nous ne finançons aucunement l’État grec, ce qui nous est interdit, les financements de son économie par l’Euro-système atteignent aujourd’hui un niveau qui est de loin le plus important de la zone euro, puisque nous en sommes à 110 milliards d’euros et nous avons plus que doublé l’apport de liquidité depuis six mois.

 

 

Source : Le Figaro