22/07/2016  -  Economie/Finance
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La sortie d'un autre pays de l'UE inquiète les gérants d'actifs

Le Brexit a altéré le sentiment des investisseurs à l'égard des marchés européens.

 

Depuis le Brexit, les actions européennes ont perdu leur pouvoir de séduction auprès des investisseurs. C'est ce que dévoile l'étude de Bank of America Merrill Lynch, qui interroge chaque mois des gérants de fonds d'investissement. Pour la première fois depuis trois ans, les investisseurs sont négatifs sur les actions européennes à hauteur de 4 % (net*), contre 26 % (net) qui étaient à l'achat avant le référendum britannique. En effet, l'Europe a longtemps été la région préférée des gérants de fonds du monde entier, et ce malgré la piètre performance de la Bourse. C'est le lancement du programme antidéflation de la BCE (qui consiste à acheter des dettes sur le marché) en mars 2015 qui a vraiment servi de déclencheur.

 

L'incertitude politique en Europe est désormais un thème majeur pour les investisseurs. Le sondage révèle même qu'un tiers des gérants s'attendent à ce qu'un autre pays sorte de l'Union européenne dans les trois prochaines années. Les actions britanniques sont celles qui suscitent le plus la défiance : les recommandations à la vente atteignent 27 %. L'Italie cristallise aussi les craintes. Sur les douze prochains mois, les gérants pensent sous-pondérer leurs actions italiennes à 42 % : c'est deux fois plus qu'aujourd'hui. La gestion des problèmes bancaires, sur fond d'envolée de certaines créances douteuses, sera sans doute cruciale. L'Allemagne, la Suisse, et dans une moindre mesure les Pays-Bas et la France, servent ainsi de refuges.

 

Valeurs bancaires touchées

 

Côté secteur, les valeurs bancaires ressortent comme les principales victimes. La sous-pondération atteint son plus bas depuis quatre ans (45 % net). Cependant, on est encore loin du niveau extrême atteint pendant la crise de la zone euro (60 %). Les valeurs cycliques sont aussi délaissées. L'industrie chimique, le service public, les matières premières, les services financiers et l'immobilier souffrent également. De l'autre côté du spectre, la « tech » est le secteur qui résiste le mieux, avec les télécoms, la santé et le tourisme. Selon les sondés, les deux facteurs les plus susceptibles de relancer la croissance dans la zone euro sont un nouveau programme pour stimuler l'économie et une réaccélération de l'économie au niveau mondial.

 

Bank of America Merrill Lynch estime par ailleurs que les chances de rebond technique des marchés - portés par des investisseurs disposant de grosses réserves de cash - sont toutefois limitées par les valorisations peu attrayantes des titres et par des perspectives de bénéfices peu encourageantes.

 

 

Source : Les Echos