27/06/2016  -  Immobilier
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Le Brexit pourrait faire grimper les prix de l'immobilier à Paris

Pour certains professionnels de l'immobilier, la sortie des Britanniques de l'UE pourrait inciter les acheteurs étrangers à se détourner de Londres et à miser sur la France et notamment sa capitale.

 

Alors que le Brexit a créé un séisme mondial, son impact sur le secteur immobilier est beaucoup plus limité. Au Royaume-Uni, où les prix des logements ont bondi de 15% ces deux dernières années, l'éclatement de la bulle immobilière tant redouté par les analystes n'aura donc pas lieu. En réalité, seuls quelques marchés de niche risquent de pâtir de la décision des Britanniques de quitter l’UE.

 

Selon certains spécialistes, c'est surtout le segment du luxe qui risque gros. Depuis quelques mois déjà, les acheteurs commencent à négocier les prix dans la perspective d'un Brexit et on assiste à une baisse régime sur le "premium", confiait sur BFM Business le patron d'une agence implantée à Londres. Cette tendance risque donc de s'amplifier dans les mois qui viennent.

 

En revanche, l'immobilier traditionnel ne devrait pas plonger. Il y a toujours une forte demande pour des biens "d'entrée de gamme" autour de 400.000 livres (495.000 euros), les petits appartements de 1 ou 2 pièces continuent à se vendre "comme des petits pains", estime Christophe Chambon. Pas d'écroulement en vue donc, en tout cas dans l'immédiat.

 

Tout aussi mesuré, le réseau immobilier de luxe Barnes estime que le Brexit "marque de façon certaine un arrêt de la hausse" sur le marché londonien, mais que "la baisse devrait cependant rester contenue" tant que les conséquences restent incertaines. En attendant, la baisse de la livre sterling a rendu le marché immobilier de Londres plus attrayant de 10%.

 

Une opportunité pour Paris...

 

Et la France? Paradoxalement, la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE devrait profiter à l'immobilier français. Bien sûr, le Brexit pèsera inévitablement sur les ménages britanniques amoureux des jolies villages du Sud Ouest et des cottages de Normandie. Mais en revanche, les investisseurs devraient se détourner de l'incertitude du marché britannique du luxe pour tourner leur regard vers la France.

 

Laurent Demeure, président du réseau immobilier de prestige Coldwell Banker France et Monaco, estime que le Brexit "va permettre un véritable boom de l’immobilier de prestige français". Selon le dirigeant, "les nombreux Britanniques et les Européens -Français et Italiens notamment- travaillant à Londres dans les secteurs de la finance qui ont suspendus leurs projets au résultat du vote vont désormais concrétiser leurs intentions d’achat dans les 15 jours car la livre sterling peut s’effondrer rapidement".

 

Le vote des Britanniques va donc clairement faire monter les prix à Paris. "La capitale, qui compte déjà avec La Défense le premier quartier d’affaires européen, possède un net avantage sur Francfort en terme d’immobilier de prestige et de qualité de vie, deux notions primordiales pour les décideurs des groupes se relocalisant en France", souligne Laurent Demeure. Une impulsion de l'immobilier de bureau qui devrait logiquement faire grimper les prix sur le marché résidentiel.

 

... et d'autres grandes capitales européennes

 

"Aujourd'hui nous sommes sur un plancher de rebond", situation qui devrait durer jusqu'à la fin du mandat de François Hollande, tant que les choix politiques et fiscaux ne sont pas connus, estime Laurent Demeure. Un nouveau cycle de hausse des prix n'est toutefois pas à exclure après les élections présidentielles.

 

Une chose est sûre, les résultats du vote vont pousser les investisseurs immobiliers internationaux à reporter leurs achats vers des villes plus stables comme Paris, en attendant la réponse politique de l'Union européenne quant à la suite de ses relations avec le Royaume Uni.

 

Paris n'apparaît pas comme la seule alternative à Londres. D'autres capitales ou métropoles européennes toutes aussi attractives pourraient tirer leur épingle du jeu. D'ailleurs, Morgan Stanley a déjà commencé à s'organiser pour délocaliser 2.000 employés de sa filiale de banque d'investissement à Francfort ou Dublin, a fait savoir vendredi la chaîne d'informations BBC sur son compte Twitter.

 

 

Source : BFM Business