21/07/2016  -  Economie/Finance
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Le FMI revoit à la baisse la croissance mondiale après le Brexit

L'institution de Washington a revu la croissance mondiale 2016 et 2017 à la baisse de 0,1 point à 3,1 % et 3,4 %. La zone euro et le Royaume-Uni seront les principales victimes du Brexit.

 

Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le monde et la zone euro en raison de « l'incertitude considérable » issue du vote britannique du 23 juin en faveur du Brexit. « Les résultats du référendum britannique, qui ont pris de court les marchés financiers mondiaux, représentant la matérialisation d'un considérable risque baissier pour l'économie mondiale », explique l'institution de Washington. En cause : l'incertitude résultat des conditions du Brexit. « La première victime de ce vote devrait être le Royaume-Uni lui-même. Cette incertitude devrait porter atteinte à la confiance et à l'investissement », estime le FMI. Or, ajoute l'institution, l'issue du Brexit « restant à définir », la tâche de prévision est encore compliquée.

 

Résistance des émergents

 

Au final, le FMI revoit à la baisse de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale pour 2016 et 2017 à respectivement 3,1 % et 3,4 %. En 2015, la croissance mondiale était déjà de 3,1 %. Les pays avancés devraient cependant être plus touchés que les pays émergents. Dans ces derniers, la prévision de croissance du FMI reste stable à 4,1 % en 2016 et 4,6 % en 2017. A noter que la révision à la hausse est forte pour la Russie et le Brésil (un demi-point de plus pour les deux) en 2016, même si ces pays devraient demeurer en contraction de leur richesse à -0,6 % et -3,3 % respectivement. La croissance chinoise n'a pas été corrigée, elle devrait ralentir à 6,4 % et 6,3 % en 2016 et 2017 contre 6,6 % en 2015.

 

Les pays avancés revus à la baisse

 

La révision est plus forte dans les pays dits « avancés » où la croissance ne sera que de 1,8 %, en baisse de 0,1 point. Les Etats-Unis ne devraient croître que de 2,2 % cette année contre 2,3 % attendus auparavant et de 2,5 % en 2017. Une révision due moins au Brexit qu'à un premier trimestre décevant. Au Japon, la révision à la baisse est de 0,2 point à seulement 0,3 % cette année et 0,1 % l'an prochain. L'Empire du Soleil levant est affecté indirectement par la hausse du yen consécutive à l'incertitude liée au Brexit. Mais le FMI prévient que la troisième économie mondiale pourrait connaître une croissance supérieure si, comme « cela est prévu », un plan de relance est proposé dans le budget rectificatif de 2016.

 

La zone euro à faible régime

 

Assez paradoxalement, la croissance de la zone euro résiste plutôt bien en 2016, compte tenu du bon premier trimestre (croissance trimestrielle de 0,6 %). Le FMI revoit donc ses prévisions de croissance pour les 19 à 1,6 % pour 2016 contre 1,7 % en 2015. Niveau faible néanmoins. A noter que la France voit sa prévision de croissance bondir de 0,4 point à 1,5 %, presque autant que l'Allemagne (1,6 %, + 0,1 point). En revanche, l'Italie voit sa prévision réduite à 0,9 % cette année de 0,1 point. Le FMI s'inquiète de l'état du secteur bancaire dans la Botte. Pour 2017, l'impact du Brexit sera plus sensible avec un recul de 0,2 point des prévisions de croissance à 1,4 % seulement. Le ralentissement sera sensible en Allemagne, où la croissance prévue a été réduite de 0,4 point à 1,2 %. La France devrait alors faire jeu égal avec son voisin (croissance revue à la baisse de 0,1 point). L'Italie devra se contenter de 1 % contre 1,1 % prévu jusqu'ici.

 

Le Royaume-Uni ralentit fortement

 

Evidemment, la première victime de l'incertitude liée au Brexit sera... le Royaume-Uni. Le FMI revoit la croissance de la deuxième économie européenne radicalement à la baisse : 0,2 point de moins en 2016 à 1,7 % et 0,9 point de moins en 2017 à 1,3 %. Pas de contraction annuelle du PIB, donc, mais un très fort ralentissement. La croissance intérieure, notamment les investissements, seront touchés.

 

Le problème persistant de la zone euro

 

Les prévisions du FMI ne dressent certes pas un tableau catastrophique de la situation, mais il est clair que la croissance sera toujours faible, trop faible. C'est un élément qui pose problème pour les banques centrales du monde entier qui semblent être arrivées au bout de leurs capacités. Les perspectives de relance au Japon et en Chine et, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni, pourraient changer la donne si elles sont ambitieuses et réfléchies. Pour la BCE, deux jours avant la réunion du conseil des gouverneurs, ces prévisions du FMI posent de nouveau le problème de la croissance faible de la zone euro, toujours bonnet d'âne de la croissance mondiale, Japon excepté. Malgré le Brexit, la croissance britannique restera supérieure à celle de la zone euro en 2016 et 2017. L'Allemagne, modèle et directrice de cette zone, affiche des performances médiocres. La persistance de l'inflation faible et l'absence de vrai « policy mix », autrement dit d'un complément entre la politique monétaire et budgétaire, contribuent à ces mauvais résultats. Malheureusement, aucun changement sur ce front n'est en vue.

 

 

Source : La Tribune