20/07/2016  -  Patrimoine
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Le Livret A maintenu à 0,75 % en août, mais le PEL tombe à 1%

La Banque de France a décidé de déroger à la règle de calcul du taux du Livret A. Il sera maintenu à 0,75% au 1 er août. Le taux des nouveaux Plans d’épargne logement est cependant révisé à 1% contre 1,5% actuellement.

 

A nouveau gouverneur, nouvelle approche du livret A. La Banque de France a décidé de ne pas abaisser le taux de rémunération du Livret A lors de sa révision semestrielle, contrairement à ce que préconise la formule de calcul automatique. Selon cette dernière, en prenant en compte le niveau de l'inflation, le taux aurait dû être ramené à 0,50% contre 0,75% actuellement. François Villeroy de Galhau a en revanche obtenu une baisse de la rémunération des nouveaux PEL à 1 %.

 

De façon inédite, le gouverneur de la Banque de France instaure en outre une « forward guidance » pour le livret A, comme pourrait le faire le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi pour les taux directeurs. « Compte tenu des perspectives d'une augmentation modérée de l'inflation d'ici fin 2016, le Gouverneur estime qu'il est justifié de déroger à la stricte application de la formule de calcul en vigueur, comme en février dernier. Il propose en conséquence de maintenir le taux du livret A à 0,75 %. Dans cette optique de stabilité, et au regard de ces prévisions d'inflation, il considère que le taux du livret A devrait aussi rester inchangé au 1er février prochain », précise ainsi l'institution.

 

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a donné son accord de principe pour maintenir ce taux l'hiver prochain. Mieux, les deux parties vont plancher sur une réforme du mode de calcul de ce taux devenu très politiquement sensible, de façon à protéger l'épargne des Français contre l'inflation, sans que le financement du logement social en pâtisse. En effet, la rémunération actuelle du livret A en fait une ressource trop coûteuse pour les organismes HLM. « Une adaptation limitée de la formule apparaît souhaitable pour assurer le meilleur équilibre entre ces deux objectifs : bon financement du logement social, maintien d'une protection contre l'inflation. Elle permettrait également de réduire la volatilité des taux du livret A », résume la Banque de France dans son communiqué.

 

COMMENT EST CALCULÉ LE TAUX DU LIVRET A

 

Il est théoriquement fixé à l'aide d'une formule de calcul automatique faisant intervenir l'inflation hors tabac et les taux de marché monétaires Eonia et Euribor 3 mois. Cette dernière est majorée de 0,25 point de pourcentage et arrondie au quart de point le plus proche. Exemple, en juin selon l'Insee, les prix ont augmenté de 0,2%. Avec la majoration on atteint 0,45%, les taux de marché s'annulant entre eux. Après être arrondi, le taux devrait donc s'établir à 0,50%.

 

Une décision très politique

 

En maintenant le livret A à 0,75 %, à l'approche de l'élection présidentielle, le gouvernement s'évite une mesure très impopulaire. Le passage historique sous la barre de 1% à l'été 2015 , avait provoqué une désaffection des épargnants pour ce produit. Depuis cette baisse, le livret A a perdu 6,23 milliards d'euros. En effet, les Français ont préféré placer leurs économies sur des produits plus rémunérateurs comme les assurances-vie . Ce n'est qu'au bout de 7-8 mois que cet effet a commencé à s'estomper. Le Livret A a ainsi connu trois mois consécutifs de collecte positive , entre mars et mai. Le gouverneur de la Banque de France n'est pas pour autant perdant puisqu'il obtient une nouvelle baisse du taux du PEL à 1 % contre 1,5% actuellement. « Ceci contribuerait à soutenir la croissance et l'emploi en allégeant le coût des nouveaux crédits », a-t-il expliqué. La mesure concerne uniquement les PEL ouverts à partir du 1er août.

 

QUI DÉCIDE VRAIMENT ?

 

En premier lieu, c'est le gouverneur de la Banque de France qui a la main. Il peut soit suivre la formule de calcul automatique, soit «déroger à la règle». Dans ce cas, c'est au gouvernement de trancher : soit il suit les recommandations du gouverneur, soit il fixe lui-même le taux.

 

 

Source : Les Echos