03/07/2015  -  Economie/Finance
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Le «oui mais» de Bruxelles au programme budgétaire français

La Commission européenne a rendu mercredi son verdict sur la situation budgétaire française. Comme prévu, Paris échappe au couperet. Mais uniquement grâce à la relative souplesse des procédures.



Il suffit qu'un État respecte les objectifs de déficit public nominal pour éviter de passer au cran supérieur de surveillance, cran qui aurait pu déboucher dans le cas de la France sur des sanctions financières à terme. Or, comme l'écrit la Commission, «le déficit public (de la France, NDLR) devrait atteindre 3,8 % du PIB en 2015 et 3,4 % en 2016, ce qui correspondrait aux objectifs recommandés par le Conseil du 10 mars 2015». Objectifs qui vont de pair avec un retour sous les 3 % en 2017.



En revanche, ajoute la Commission, «l'amélioration du solde structurel (hors effet de la conjoncture, NDLR) est insuffisante pour respecter la recommandation, tant en 2015 qu'en 2016». Bruxelles juge que la France fournira un effort de 0,3 % à 0,4 % du PIB cette année, au lieu des 0,5 % demandé et de 0 % à 0,1 % en 2016, au lieu du 0,8 % demandé. Certes, le gouvernement a annoncé en avril des mesures supplémentaires, de 4 milliards d'euros en 2015 et 5 milliards en 2016. Mais certaines, comme le 1,2 milliard attendu en 2015 grâce à la baisse des taux d'intérêt, ne sont pas structurelles, selon Bruxelles.


«Embellie conjoncturelle et persistance de taux d'intérêt bas»
«La stratégie d'assainissement budgétaire menée par la France repose principalement sur l'embellie conjoncturelle et la persistance de taux d'intérêt bas», conclut Bruxelles. Des hypothèses qui peuvent être mises à mal comme le montre la crise grecque de ces derniers jours. Voilà pourquoi la Commission demande à la France d'étayer son assainissement sur «des réformes structurelles globales et ambitieuses». Elle pointe aussi que le gouvernement n'a pas fourni une évaluation des principales mesures prévues pour 2016 et 2017 et n'a pas actualisé, comme demandé, sa loi de finances pluriannuelle. Décidément, Paris est un élève médiocre.

 

 

Source : Le Figaro