12/10/2016  -  Immobilier
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Le plan d'Anne Hidalgo pour exploiter les chambres de bonnes inoccupées

Anne Hidalgo veut inciter les propriétaires à mettre leur bien en location après des travaux que la mairie de Paris financerait en partie. Ceux qui refusent pourraient être expropriés.

 

Paris veut exploiter les milliers de chambres de bonnes de la capitale, souvent inutilisées ou insalubres, dans le cadre d'un plan dont les modalités seront soumises au Conseil de Paris début novembre. Pour créer de nouveaux logements, la mairie prévoit ainsi d'inciter les propriétaires à regrouper des chambres et faire des travaux qu'elle financera en partie, à l'aide d'un dispositif déjà en place, le "Multiloc".

 

L'idée est d'aménager cet outil pour les chambres de service en augmentant la subvention aujourd'hui plafonnée à 14.000 euros. En contrepartie, les propriétaires s’engageraient à mettre sur le marché leur bien à un loyer inférieur de 20% aux loyers de référence fixés par le Préfet. L'objectif: transformer 1.000 chambres de bonnes d'ici 2020.

 

Mais ce n'est pas tout. La mairie envisage également d'acheter des chambres pour créer du logement social et de la "mixité sociale" dans l'Ouest parisien où elles sont concentrées, soit à l'amiable soit en allant jusqu'à l'expropriation, a précisé Ian Brossat, adjoint PCF au logement de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. Un budget de 10 millions d'euros sur la mandature est prévu pour ces opérations.

 

Traquer l'insalubrité

 

Par ailleurs, des opérations "coup de poing" vont être organisées dans la capitale pour traquer l'insalubrité, faire respecter les obligations légales et informer les locataires de leurs droits. Une campagne de porte-à-porte sera également lancée début 2017, menée par des jeunes en service civique.

 

À Paris, seules 15% des chambres de service sont habitées et parmi les 114.000 que compte la capitale, plus de la moitié mesurent moins de 9 m² et ne peuvent donc être louées légalement, selon une étude de l'APUR (Atelier parisien d'urbanisme) réalisée fin 2015.

 

Des chiffres de Soreqa (Société de réhabilitation des quartiers anciens) révèlent en outre que sur sept immeubles visités, la moitié des logements nécessitaient des travaux tandis qu'un tiers des chambres habitées faisaient moins de 9 m². Les occupants, la plupart locataires, étaient des travailleurs pauvres ou retraités et payaient parfois des loyers très élevés, en moyenne de 35 euros du m² mais pouvant aller jusqu'à 88 euros le m².

 

 

Source : BFM