07/10/2015  -  Economie/Finance
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Les entreprises familiales ont bien mieux résisté à la crise que les autres

 

Depuis 2006, soit juste avant l’explosion de la crise des subprimes aux États-Unis, elles affichent une surperformance de 47 % sur les autres entreprises selon le crédit le Credit Suisse Research Institute.

 

Le Credit Suisse Research Institute a passé au crible les données financières de l’univers CS Global Family 900, un panier propriétaire composé de 920 entreprises familiales réparties dans le monde et en a comparé les performance à l’indice de référence mondial de Morgan Stanley. Résultat: les sociétés familiales affichent une supreformance de 47 % selon l’étude «The Family Business Model» du Research Institute, ce résultat équivaut à un rendement excédentaire annuel de 4,5 % sur la période de neuf ans allant jusqu’à fin avril 2015.

 

Les entreprises familiales d’Asie et de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) tirent particulièrement bien leur épingle du jeu face notamment à celles établies aux États-Unis et en Europe en dessous. «Sur les marchés développés, les stratégies sont plus conservatrices et les priorités plus diverses que le seul rendement financier,» explique Richard Kersley, responsable Global Equity Research Product pour la division Investment Banking du Credit Suisse. Sur le long terme, toutefois les sociétés familiales parviennent à dégager deux fois plus de profit économique (gains supérieurs au coût d’opportunité lié à l’utilisation des actifs ou du capital) que les autres.

 

Des entreprises plus stables et mieux protégées des crises

 

L’étude constate que les entreprises familiales basées aux États-Unis et en Europe ont moins recours à l’endettement que leurs homologues non familiales. Elles ont aussi procédé à un désendettement plus rapide après la crise financière. Celles situées en Asie, en revanche, opèrent avec un endettement supérieur. Dans l’ensemble, les entreprises familiales ont connu des cycles économiques plus lisses et plus stables que les autres. «L’évolution du chiffre d’affaires est moins volatile tout au long du cycle, avec des pics moins saillants et des creux moins marqués,» note Julia Dawson, analyste actions à la division Investment Banking de la banque.

 

La croissance annuelle du chiffre d’affaires a en outre été supérieure dans les entreprises familiales - 10 % contre 7,3 % pour les autres entreprises depuis 1995 - et moins volatile durant la bulle Internet et la crise financière. «L’importance accordée à la qualité du produit ou du service, l’établissement de relations durables avec les clients et leur fidélisation, l’accent placé sur des produits clés et sur l’innovation plutôt que sur la diversification sont autant d’éléments qui expliquent cette surperformance» selon Julia Dawson.

 

Moins d’investissements dans la recherche et les fusions et acquisitions

 

Les entreprises familiales investissent généralement moins dans la recherche et le développement (R & D) que les entités non familiales. «Aux États-Unis, l’intensité de R & D n’atteint que 25 % des niveaux du benchmark, tandis qu’en Europe, elle se situe 20 % en dessous, a indiqué Richard Kersley. Si ces résultats témoignent d’un style de management plus conservateur, nous estimons qu’ils sont également le reflet d’une R & D plus efficace compte tenu des écarts de rendement relativement faibles.» Les entreprises familiales ont également tendance à se concentrer sur leur propre croissance. Depuis 1990, les fusions et acquisitions (F & A) ne représentent que 2,1 % de leurs ventes, contre 5,8 % pour les entreprises non familiales. Les données du Credit Suisse révèlent que, lorsque des acquisitions ont lieu, elles sont de meilleure qualité et moins coûteuses, car elles génèrent une croissance et des rendements supérieurs dans les trois ans suivant l’opération.

 

Au cours des neuf dernières années, les entreprises de première génération ont dégagé un taux moyen de croissance annuelle du cours de l’action de 9 %. La performance des actions est donc bien à son plus haut niveau au cours de la première génération, lorsque vous investissez en même temps que le fondateur, avant de baisser au fur et à mesure de la transmission aux générations ultérieures et de la maturation de l’entreprise. «Il est intéressant d’investir aux côtés du fondateur, dans les premières années d’existence de la société qui sont susceptibles de correspondre à une période de forte croissance,» selon Julia Dawson.

 

 

Source : Le Figaro