27/07/2015  -  Economie/Finance
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Les fonds levés par les start-up au plus haut depuis quinze ans en Europe

Le total des fonds réunis au premier semestre par les jeunes sociétés innovantes a bondi de 86 % sur un an. Comme aux Etats-Unis, l’Europe voit aujourd’hui émerger des « licornes » à la croissance fulgurante.

 

Tous les voyants sont au vert pour les start-up européennes. Le premier semestre a vu un nouveau sommet, historique depuis le faste du début des années 2000. Au total, selon une étude réalisée par Clipperton Finance et Digimind, les fonds levés en Europe se sont établis à 6,9 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année (le périmètre exclut les levées de fonds de moins de 500.000 dollars et les introductions en Bourse). Ce chiffre représente une hausse de 86 % par rapport à la même période l’an dernier, après une progression de 37 % en 2014. Une hausse impressionnante, même si les Etats-Unis concentrent 4 à 5 fois plus d’investissements.

 

Des licornes européennes

 

Vraie nouveauté en Europe : la concentration des investissements sur quelques champions. Des « licornes » européennes qui répondent ainsi aux américaines Uber, Airbnb, Snapchat et autres Pinterest : le terme désigne des start-up à la croissance fulgurante, valorisées plus de 1 milliard de dollars et qui ne sont pas encore cotées.

 

C’est ainsi que l’allemand Delivery Hero, spécialisé dans la livraison de repas à domicile, est parvenu à lever 568 millions de dollars au premier semestre, le service de streaming musical suédois Spotify a réuni 526 millions de dollars. Et le service britannique de prêt entre particuliers Funding Circle a, lui, effectué un tour de table de 150 millions de dollars. « On assiste à un phénomène de substitution, souligne Antoine Ganancia, analyste senior chez Clipperton Finance. Les sociétés en plus forte croissance continuent de se financer auprès d’investisseurs privés plutôt que d’aller en Bourse, d’autant que les introductions récentes ont été mitigées. Les actifs technologiques atteignent désormais des stades de maturité suffisants pour séduire les fonds de “private equity” généralistes. » Sans oublier l’arrivée sur le Vieux Continent de gros fonds américains, russes ou du Moyen-Orient et les prémices d’un vrai « corporate venture ».

 

La France en embuscade

 

Le phénomène s’étend en outre à toute l’Europe. Le Royaume-Uni continue certes d’attirer les investisseurs, avec 1,8 milliard de dollars réunis par ses start-up au premier semestre (+ 80 % en un an), mais l’Allemagne et la France parviennent à suivre le rythme. La première grâce notamment à l’activisme de Rocket Internet, le groupe qui a profité de son introduction en Bourse l’an dernier pour inonder de cash ses sociétés Delivery Hero, HelloFresh et Foodpanda, et qui pèse 70 % des opérations outre-Rhin. La France, elle, a tout simplement concentré le plus grand nombre de levées de fonds sur le début d’année, avec 159 opérations, devant le Royaume-Uni. Un dynamisme dû, selon Clipperton Finance, au « très bon tissu de financement en France ». « Beaucoup de VC français vont même désormais investir en Allemagne », ajoute Martin Vielle, de Clipperton. Le reste de l’Europe émerge, comme en témoigne, par exemple, la levée de fonds de 40 millions de dollars de l’espagnol Wallapop, spécialisé dans les petites annonces.

 

Cet afflux de cash ne devrait pas s’arrêter. « Plusieurs grosses opérations ont déjà eu lieu ces derniers jours, note Antoine Ganancia. Aujourd’hui, on ne voit aucun signe de ralentissement de l’activité. »

 

 

Source : Les Echos