07/08/2015  -  Economie/Finance
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Les fonds monétaires classiques ont continué leur dégringolade

Au premier semestre, les fonds de trésorerie français de court terme ont subi plus de 4 milliards d'euros de rachats.

 

Depuis au moins trois ans, les fonds de trésorerie sont à la peine. Selon EuroPerformance, qui répertorie uniquement les fonds de placement créés en France, cette famille a vu ses encours passer d'environ 323 milliards d'euros d'actifs à fin 2012 à 269 milliards à fin juin 2015. En son sein, il faut toutefois distinguer ce qui est de court terme (120 jours en moyenne) et ce qui est d'un peu plus long terme (un an en moyenne pondérée). On voit ainsi que c'est surtout la catégorie à court terme qui a le plus souffert. « Ses encours ont fondu des deux tiers depuis début 2012 en passant de près de 200 milliards d'actifs à 70 milliards à fin juin 2015 », explique Alexandre Cassan, chargé d'études OPCVM chez EuroPerformance-a SIX Company.

 

Une conséquence directe de la faiblesse des taux. L'indice Eonia, par exemple, qui sert de référence pour beaucoup de fonds, a commencé ses passages en territoire négatif dès septembre 2014, lorsque la BCE a renforcé sa politique accommodante. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer et a surtout touché les fonds à courts termes, qui, en raison de frais de gestion, ont vu leur performance plonger encore plus profondément dans le rouge. En janvier, 16 % d'entre eux avaient un rendement mensuel négatif. En avril, ils étaient 30 % et en juillet 48 %. Les fonds de trésorerie de plus long terme ont été un peu moins impactés. Ils étaient 3 % à être dans le rouge en janvier et 13 % en juillet. Une différence qui explique aussi les arbitrages en faveur de cette dernière catégorie. Au premier semestre 2015 si « la catégorie à court terme affiche un peu plus de 4 milliards d'euros de décollecte, celle de trésorerie à long terme enregistre l'afflux de 16 milliards de souscriptions nouvelles », note Alexandre Cassan. Arbitrage

 

Pour le spécialiste, cet arbitrage devrait encore se poursuivre même si les flux sont généralement moins étoffés au deuxième semestre. « En outre, le différentiel de performance qui semblait conduire les investisseurs à de tels arbitrages se réduit et pourrait constituer un frein dans les semaines à venir. D'autant que les tensions sur le marché des taux en juin [épisode grec, NDLR], qui ont sensiblement impacté les rendements des fonds les plus longs, se sont calmées », explique-t-il. Déjà, en juillet, les fonds à court terme ont collecté 5,5 milliards en net et ceux de plus long terme, 15,5 milliards. Un espoir pour cette industrie, qui a été longtemps un point fort des grandes sociétés de gestion françaises.

 

 

Source : Les Echos