27/07/2016  -  Economie/Finance
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Les places boursières ont absorbé le choc du référendum britannique

Les places européennes ont signé un net rebond. Les taux des Etats se rapprochent de leur niveau d'avant le référendum.

 

Fini l'effet Brexit ? Mario Draghi en semblait persuadé lors de sa conférence de presse de jeudi dernier. « Nous estimons que les marchés financiers de la zone euro ont résisté de façon encourageante à la recrudescence des incertitudes et de la volatilité », s'est ainsi félicité le président de la Banque centrale européenne.

 

De fait, les Bourses européennes ont presque retrouvé leurs niveaux d'avant le référendum britannique. L'indice vedette parisien, qui se situe légèrement en dessous des 4.400 points ce mardi, a repris 10,8 % par rapport à son creux du 27 juin. Le rebond est similaire pour le STOXX 600. Le choc du Brexit s'est finalement concentré sur quelques jours. Autre signe de détente, le VIX, l'indice de volatilité, qui s'était envolé de près de 50 % le 24 juin, est retombé à son niveau de fin mai.

 

Sur le marché obligataire, la forte tendance à la baisse des taux s'est inversée. Alors que les investisseurs spéculaient sur une chute imminente des taux français à 10 ans sous la barre de 0 %, le rendement est remonté à 0,19 %. Il traitait à 0,45 % avant le verdict des urnes britanniques. Du côté allemand, en revanche, le taux de référence est bien passé en territoire négatif. Le 10 ans s'est détendu jusqu'à -0,19 % et évolue maintenant à -0,03 %.

 

Comment expliquer cette embellie finalement assez rapide ? D'abord, la violence de la réaction des marchés est due à leur surprise alors qu'ils étaient persuadés d'une victoire du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Une fois celle-ci dissipée, les investisseurs se sont aperçus que si l'économie britannique s'était effondrée en juillet - l'indicateur PMI de Markit a perdu près de 5 points en un mois -, il n'y avait pas de risque immédiat de contagion au reste de l'Europe.

 

Focalisation sur la livre

 

Un sentiment confirmé notamment par la publication d'un indice IFO sur le moral des entrepreneurs allemands lundi qui est bien moins mauvais que ce que l'on aurait pu craindre. Ensuite, il semblerait que la réaction négative des investisseurs se soit concentrée sur la livre sterling qui a perdu près de 11 % face au dollar et 13 % face à l'euro après le référendum, et qui ne semble pas près de remonter.

 

Surtout, les marchés continuent de placer leur confiance dans les banques centrales pour contrer d'éventuels vents contraires. Comme l'a affirmé Mario Draghi, « la volonté exprimée des banques centrales de fournir de la liquidité et notre politique monétaire accommodante ont contribué à contenir le stress des marchés ». Les regards seront donc tournés cette semaine vers la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon qui tiennent leur première réunion de politique monétaire depuis le référendum. Un nouveau délai avant la hausse des taux américains, notamment, serait de nature à encourager le rallye boursier actuel. La Banque d'Angleterre, pour sa part, se réunira le 4 août prochain. D'ores et déjà, les investisseurs parient sur une baisse des taux, voire un élargissement du programme de son programme de rachats d'actifs. Un sentiment renforcé mardi par les déclarations de Martin Weale, un membre influent de l'institution britannique. Conséquence de cet espoir, le Footsie 100, l'indice phare de la Bourse de Londres, a même dépassé de 5,5 % son niveau du 23 juin dernier.

 

 

Source : Les Echos