04/05/2015  -  International
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L’Europe, destination idéale pour l’expatriation fiscale

Royaume-Uni, Andorre, Monaco…Les États européens figurent en bonne position dans le top 10 des pays où il fait bon s’exiler fiscalement, selon le cabinet Bradley Hackford.

 

C’est une étude qui pourrait intéresser certains Français qui remplissent actuellement leur déclaration d’im-pôts. Le cabinet Bradley Hackford, «leader en changement de résidence fiscale», vient de publier son clas-sement annuel des 10 pays les moins fiscalisés en 2015. Autrement dit, ceux où il fait bon s’exiler pour voir baisser drastiquement ses impôts.

 

Verdict : cinq des dix pays où l’expatriation fiscale est la plus efficace se trouvent en Europe. Parmi eux, le Royaume-Uni, Monaco, Andorre, Malte et Gibraltar. Ces derniers côtoient les paradis fiscaux plus proches du cliché : les îles d’Antigua-et-Barbuda, les Bahamas ou encore les Caïmans. «L’Europe est en bonne position car les critères pris en compte ne sont pas seulement fiscaux. Il y a les facteurs de vie réel qui rendent l’environnement attractif», explique Harold Ollek, associé au cabinet. Pour établir son classement, Bradley Hackford s’est en effet basé sur le taux d’imposition fiscale (neutre ou faible dans ces pays) mais aussi la qualité de vie, la sécurité juridique et physique, la situation géographique ou encore la qualité du programme d’investissement économique développé par le gouvernement local.

 

L’un des faits marquants cette année est la sortie de la Suisse du top 10 en raison de «la hausse du forfait fiscal et d’une certaine pression sur le pays», précise le cabinet. La Belgique n’en fait pas partie non plus car «ce pays n’est intéressant que pour une certaine frange de la population. Ce n’est pas assez large», ex-plique-t-on chez Bradley Hackford. Le Royaume-Uni, à l’inverse, profite du statut des «non-dom» («non-do-micilied») qui permet à des résidents de ne pas payer l’impôt sur le revenu sur les sommes gagnées à l’étran-ger dès lors qu’elles ne sont pas rapatriées. Ce statut reste son principal atout même s’il suscite le débat à quelques jours des élections législatives. «C’est une mesure phare du pays. Elle ne sera pas annulée dans quinze jours», assure Harold Ollek.

 

Selon le cabinet, réussir son expatriation fiscale ne suppose pas seulement de chercher un taux d’impôt faible mais aussi de jouer le jeu de la résidence voire du changement de nationalité. «Ceux qui cherchent seu-lement à déposer leur argent pour échapper au fisc de leur pays font le mauvais choix», assure Harold Ollek. «L’expatriation fiscale concerne les personnes aux revenus élevés qui ont la possibilité de se délocaliser. Ce sont par exemple des rentiers ou des retraités fortunés qui veulent profiter de leur argent et d’un cadre de vie agréable», ajoute l’associé. «Il ne s’agit en aucun cas d’une logique de fraude», insiste-t-il.

 

Les Français formeraient justement «une part non négligeable» des clients du cabinet depuis quelques an-nées. Rien de surprenant selon Harold Ollek: «La pression fiscale est très élevée en France. Et la pression sociale aussi. Une personne qui réussit, qui a de l’argent, est mal vue. C’est cette double pression que nos clients fuient», assure-t-il. Selon un rapport rendu à l’Assemblée en octobre dernier, les exilés fiscaux fran-çais seraient autour de 35.000. Près de 600 seraient redevables de l’impôt sur la fortune. «Rien ne peut les empêcher de partir. Mais il y en a d’autres qui rentrent comme les hauts revenus attirés par les nombreuses qualités de la France. On est toujours le paradis fiscal de quelqu’un d’autre», résume Harold Ollek.

 

 

Source : Le Figaro