06/07/2015  -  Immobilier
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L'immobilier neuf est-il trop cher en France ?

Bonne nouvelle, la France remporte la 3e place d’un classement européen comptant 17 concurrents. Mauvaise nouvelle, il s’agit du palmarès des pays où le prix de Lesclesdumidi.com l’immobilier neuf est le plus élevé. Car acheter une résidence principale neuve coûte plus cher qu’une surface équivalente ancienne, même si les banques font des efforts. 

 

Acheter de l’immobilier neuf coûte 2 fois plus cher qu’en Espagne

 

 La 4e édition du Property Index du cabinet Deloitte, reprise et analysée par Capital.fr, confirme le mal-être du marché de l’immobilier neuf français. Alors qu’un ménage belge n’a besoin de consacrer que 3,2 années de salaire brut pour acheter un logement neuf de 70 m², son homologue français en a besoin de 8. Il est certes mieux placé que l’acheteur russe, qui chute du rouble oblige, devra consacrer 8,8 années de salaire pour emménager dans un appartement bien chauffé.

 

Signalons que la première place du classement est détenue par l’acheteur israélien, qui aura besoin de 12,7 années. La 2e place revient aux ménages du Royaume-Uni, qui doivent y consacrer 10 années de salaire.

 

Et dans tous les cas de figure, le problème est causé par la différence entre le prix moyen du m², et les revenus des ménages. Dans ce classement la France prend (peu) fièrement la 3e place, avec 3932 €/m², juste devant la Suède dont le marché offre la particularité de présenter les mêmes prix dans le neuf et dans l’ancien : 3137 €/m².

 

Les promoteurs français proposent donc des logements neufs 2 fois plus chers qu’en Espagne (1517 €/m²), mais 30 % moins chers qu’au Royaume-Uni (4929 €/m²).

 

Le logement neuf reste plus cher que l’ancien

 

Le prix du foncier ne suffit pas à expliquer la différence entre la pierre neuve et ancienne dans le budget de l’accédant à la propriété. Selon les promoteurs la complication des règles de construction dérive vers une hausse du prix de vente, qui asphyxie tous les métiers directement et indirectement impliqués dans un programme immobilier neuf.

 

Le gouvernement l’a bien compris, et a entamé le détricotage de la compliquée loi ALUR de l’ex ministre du logement, Cécile Duflot, quelques mois seulement après son vote. Au sein de Lesclesdumidi.com la future région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées, un logement neuf vaut en moyenne 3056 €/m², contre 2261 €/m² pour de l’ancien, soit une différence de 26 %.

 

Même son de cloche mais plus modérément si l’on monte dans la future région du Nord, d’après l’étude menée par le Crédit Foncier, l’immobilier neuf serait 19 % plus cher que l’ancien, à 2493 €/m² contre 2034 €/m². Mais sur la France entière la moyenne serait plus mitigée, avec un écart de 12 %.

 

Alors évidemment dans ce contexte les primo accédants se font rares. D’après le rapport de la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers), au premier trimestre les investisseurs représentaient 49 % des ventes, en nette augmentation par rapport à l’année précédente.

 

Les efforts des banques et de l’État pour doper l’immobilier neuf

 

Désormais il n’est plus nécessaire d’installer un immense garage à vélo en sous-sol, et l’on peut également proposer les appartements neufs sans parking. Le Réseau Ferré de France, premier propriétaire foncier de l’Hexagone, a décidé de mettre ses terrains à disposition, sous une forme ou sous une autre, afin de construire davantage.

 

Mais augmenter l’offre ne fera pas forcément baisser les prix, alors en octobre dernier le gouvernement élargit les conditions d’accès au prêt à taux zéro. Désormais plus de ménages primo accédants peuvent bénéficier de ce dispositif, permettant de financer jusqu’à 26 % du prix du bien convoité, dans certaines zones et sous un certain plafond.

 

Les investisseurs ne sont pas oubliés, la loi Pinel leur confère des remises d’impôt pouvant atteindre 63 000 € sur 12 ans.

 

De leur côté les banques proposent désormais des taux d’emprunt attractif (2,08 % en mai), et surtout octroient des reports de mensualités à la remise des clés. Ce type de financement permet à des primo accédants ne pas cumuler échéances et loyer, améliorant ainsi leur capacité de remboursement.

 

 

Source : Les clés du midi