13/07/2016  -  International
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Londres à l’offensive pour retenir les banques

Le gouvernement anglais multiplie les initiatives pour rassurer le secteur financier, inquiet du Brexit. Lundi, le ministre des Finances George Osborne était à New York.

 

Face à l'incertitude provoquée par la perspective du Brexit, le gouvernement britannique réagit vite pour tenter de rassurer le secteur financier , qui représente près de 10 % du PIB. Lundi, le ministre des Finances George Osborne était à New York, où il a rencontré des investisseurs, avant de se rendre à Singapour et en Chine au cours des prochains jours. La semaine dernière, George Osborne a reçu une douzaine de grandes banques, britanniques et américaines, dans la même optique : rassurer sur la période de transition qui s'ouvre et empêcher, dans la mesure du possible, que les institutions financières ne commencent à remettre en question leurs activités sur le sol britannique.

 

« Il n'y aura pas de changements immédiats dans notre relation avec l'Union européenne », a rappelé le ministre dans le « Wall Street Journal » lundi. Négocier de nouveaux accords avec les vingt-sept Etats-membres restants prendra du temps, mais Londres tentera d'obtenir « les meilleurs termes ­possibles », notamment dans le domaine des « services financiers », a-t-il dit. Il s'est engagé à faire « tout ce qu'il faudra » pour protéger le secteur. Quelque 285.000 emplois du secteur financier outre-Manche dépendent des liens avec l'Union européenne, a estimé le gouvernement avant le référendum.

 

Les banques devront patienter

 

Concrètement, George Osborne ne peut rien leur promettre pour l'instant. Les négociations pour sortir la Grande-Bretagne de l'UE ne devraient pas démarrer avant l'année prochaine, si la nouvelle Première ministre, Theresa May, s'en tient à ses promesses. Les banques devront donc patienter avant de savoir si elles pourront conserver le « passeport » qui leur permet, lorsqu'elles sont enregistrées au Royaume-Uni, de commercialiser librement leurs produits financiers dans l'ensemble de l'Union.

 

C'est un enjeu pour les banques d'investissement britanniques, bien sûr, mais aussi pour les banques américaines, suisses ou japonaises, qui ont installé leur siège à Londres pour desservir l'ensemble du marché unique européen. Les banques restent aussi dans l'incertitude en ce qui concerne le statut de leurs salariés européens, qui représentent 10 % des effectifs londoniens de la finance, selon la City.

 

Absorber le choc

 

Dans l'immédiat, les établissements britanniques doivent démontrer leur capacité à absorber le choc du Brexit sur les marchés financiers et sur l'économie. La fuite des capitaux investis dans les fonds d'investissement spécialisés dans l'immobilier commercial, la semaine dernière, a constitué une première alerte. Plusieurs d'entre eux ont dû geler les retraits face à l'afflux des demandes. Est-ce le début de l'effondrement du marché immobilier britannique ? Les banques seraient alors les premières pénalisées, en particulier Lloyds et RBS, qui sont les plus exposées. Toutefois, les analystes relativisent ce risque. Les grandes banques du Royaume-Uni ont divisé par deux leur exposition au secteur immobilier commercial depuis la crise financière, soulignent ceux de Citi. Ce secteur ne représente plus que 55 % de leurs fonds propres « durs » (CET1), relèvent-ils. Certaines petites banques, comme Aldermore et Shawbrook, sont toutefois plus exposées.

 

Les groupes bancaires ne pourront en revanche pas se protéger d'un ralentissement de l'économie britannique, qui affectera le crédit. Ils vont aussi souffrir de la baisse des taux d'intérêt , qui devrait intervenir jeudi ou au plus tard le mois prochain. Le recul des taux les obligera à comprimer la marge qu'ils réalisent sur de nombreux produits financiers, préviennent les analystes.

 

 

Source : Les Echos