18/04/2016  -  Patrimoine
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Primeurs à Bordeaux : faut-il investir dans le millésime 2015 ?

Les primeurs constituent un rendez-vous annuel incontournable à Bordeaux aux allures de place boursière du vin. Est-il intéressant d’investir dans le millésime 2015 ? Que peut-on dire déjà des prix ?

 

La semaine de dégustation des primeurs du millésime 2015 s’est achevée début avril à Bordeaux. 5.000 à 6.000 importateurs, grossistes, distributeurs et amateurs du monde entier sont venus dans les châteaux girondins goûter le millésime 2015 en cours d’élevage qui ne sera livré en bouteille que dans deux ans. Si ce système ne concerne pas plus de 5 % des vins de Bordeaux, il constitue un rendez-vous annuel incontournable dans le monde du vin. Un véritable coup de projecteur pour les vins de Bordeaux.

 

Du point de vue de la qualité du millésime 2015, Jean-Christophe Coisy, directeur de Cavexchange, est dithyrambique : « Il s’agit d’un des plus beaux millésimes depuis des années. Mais, pour savoir s’il s’agit d’un bon investissement, il faut bien regarder château par château », nuance-t-il. « Château Lynch-Bages (Pauillac), Château Calon Ségur (Saint Estèphe) sont des valeurs sûres par exemple. Ces bouteilles prennent de 5 à 7 % par an avec une régularité exceptionnelle et ce depuis des années. Les bonnes affaires concernent de façon générale des vins dont les prix se situent entre 30 et 50 euros à la sortie, et qui bénéficient d’une demande internationale, mais aussi locale, très forte. Ces vins ne font que s’apprécier au fil du temps. Leur demande ne cesse jamais de croitre, leur offre de décroitre », explique-t-il.

 

Les prix seront dévoilés petit à petit

 

Les prix, quant à eux, ne sont toujours pas connus. Ils seront dévoilés petit à petit d’ici au mois de juin. D’un côté, on annonce un millésime meilleur, ce qui se paye, de l’autre, on attend une baisse des prix pour rééquilibrer des années de hausses souvent présentées comme injustifiées. « Après deux années exceptionnelles en 2009 et 2010, notamment liées à une demande asiatique très forte qui ont créé bulle spéculative, les prix sont légèrement retombés les années suivantes, mais pas assez fortement par rapport à la baisse de qualité », souligne Jean-Christophe Coisy. « Les prix des primeurs des millésimes 2012 et 2013 notamment étaient excessifs. Toutefois, on peut dire qu’en 2014 les prix sont redevenus cohérents par rapport à la qualité ».

 

 

Source : Les Echos