20/04/2015  -  Economie/Finance
« Retour à la liste

PSA et Dongfeng vont développer ensemble des citadines

Le constructeur français PSA et le groupe chinois Dongfeng, qui est à la fois son partenaire historique et son actionnaire à hauteur de 14 % depuis 2014, approfondissent encore leur coopération. Après avoir mis en place une nouvelle société commune pour exporter en Asie, en plus de leurs activités communes en Chine, les deux constructeurs ont dévoilé, dimanche 19 avril, leur intention de dévelop-per ensemble la prochaine génération de plateforme technique pour petits véhicules des deux entre-prises. De quoi augmenter les volumes à produire sur ce soubassement technique du véhicule (ce que l’on ne voit pas), et donc abaisser leurs coûts et améliorer les marges par véhicule vendu.

 

Si PSA avait développé seul son autre plateforme, l’EMP2, celle sur laquelle sont assemblés les 308 et autres C4 Picasso par exemple, il cherchait depuis plusieurs années un partenaire pour l’EMP1, l’équivalent pour les citadines (futures 208, DS3, C3 du groupe). Philippe Varin, l’ancien président du groupe, avait ferré General Motors pour réaliser cette plateforme commune. Mais les deux groupes ne s’étaient finalement pas entendus et ont lancé le développement et la production de trois modèles.

 

Une dizaine de modèles

Le nouveau partenaire de PSA sera donc Dongfeng. Dans le détail, les deux groupes vont investir, dans un premier temps, 200 millions d’euros de recherche et développement, dont 60 % seront supportés par PSA, et 40 % par Dongfeng. Les coûts pour l’industrialisation de cette plateforme s’ajouteront d’ici à 2018, date de production des premiers véhicules. Sur cette plateforme, les deux groupes comptent développer et commer-cialiser d’ici à la fin de la décennie plus d’une dizaine de modèles, de tout type : petite berline avec hayon, avec coffre ou crossover. Du côté de PSA, un million à un million et demi de véhicules devraient être produits à terme en année pleine sur cette base commune. « PSA aurait pu faire ce développement tout seul, puisque nous sommes aujourd’hui désendettés. Mais nous avions la possibilité de rendre notre investissement encore plus productif, assure Carlos Tavares, le PDG. Chaque entreprise pourra utiliser la nouvelle plateforme à sa guise sans devoir reverser à l’autre de royalties. »

 

Offre plus compétitive

Pour l’occasion, l’EMP1 change de nom et s’appelle désormais CMP, pour « plateforme modulaire communeen anglais. L’objectif sera d’équiper non seulement les véhicules du segment B (208, C3, etc.), mais aussi les véhicules d’entrée de gamme du segment supérieur (berline compacte, type 301 ou C ELysée).

 

« Elle sera extrêmement modulaire. Nous pourrons l’utiliser à la fois pour produire des véhicules premium, pour la marque DS, et des véhicules d’entrée de gamme, très abordables », juge Carlos Tavares.

 

« Ce ne sera pas une plateforme de véhicules à bas coût en tant que tel. Pour cela, il faudrait assurer un ap-provisionnement à bas coût des éléments des futurs modèles », ajoute le patron de PSA. Mais pour certains marchés, comme l’Afrique, cela permettra au constructeur français d’avoir une offre plus compétitive qu’ac-tuellement. Cette nouvelle plateforme semble différer cependant de celles à bas coût en cours de dévelop-pement chez Volvo et Geely, son propriétaire chinois, ou chez Volkswagen et SAIC, le partenaire du groupe allemand en Chine.

 

Le gros du développement fait en France

Le gros du développement devrait prendre place en France, une équipe de liaison de Dongfeng sera installée à Vélizy, chez PSA. Les équipes de recherche et développement propres au constructeur chinois obtiendront également une part du développement de la nouvelle plateforme, notamment pour les plus grands véhicules. Le nouveau centre de recherche et développement commun aux deux groupes et installé à Shanghai devrait surtout être actif à l’approche du lancement des nouvelles silhouettes. De fait, PSA apporte surtout sa maîtrise des technologies, Dongfeng ne se contente pas de financer le programme. Il apporte son savoir faire en ma-tière d’achats, en s’appuyant sur la base d’équipementiers du groupe chinois.

 

« Il connaît très bien le tissu profond des fournisseurs les plus compétitifs. Et les plus inaccessibles pour les Occidentaux », résume Carlos Tavares.

 

 

Source : Le Monde