12/07/2016  -  Patrimoine
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Retraites : des prévisions plus optimistes

Le Conseil d'orientation des retraites note une "amélioration lente mais sensible " de l'équation financière du système de retraites.

 

Amélioration en vue sur le front du financement des retraites. Le troisième avis remis ce lundi au Premier ministre par le Conseil d'orientation des retraites (COR) est moins négatif que les années précédentes. Il note une "amélioration lente mais sensible" de l'équation financière du système de retraites, laissant envisager avec "sérénité" les "évolutions" encore nécessaires.

 

Ce comité de cinq membres, créé en 2014, doit évaluer chaque année avant le 15 juillet si le système respecte les trois objectifs assignés par la loi : niveau de vie des retraités, équité entre assurés, pérennité financière. Comme les deux années précédentes, il ne formule pas de recommandations, considérant que "la situation et les perspectives du système de retraites ne s'éloignent pas de façon significative" de ces objectifs.

 

"Une amélioration lente mais sensible"

 

Il porte néanmoins quelques observations sur les conséquences des prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR). Selon le rapport annuel du COR, déjà public, le déficit du système (tous régimes et Fonds de solidarité vieillesse inclus) se réduirait à l'horizon de 2020 à -0,2% du PIB, soit environ 4 milliards, mieux que prévu. Dans le scénario d'un taux de chômage stabilisé à 7% et une croissance minimum de 1,5% des revenus d'activité, le système reviendrait à l'équilibre dès le milieu des années 2020 et deviendrait excédentaire à plus long terme.

 

"Les résultats sont en amélioration lente mais sensible, sous l'effet des réformes intervenues au cours de la dernière décennie" (réformes 2010 et 2014 et l'accord sur les retraites complémentaires fin 2015), note le comité de suivi. "Dès lors qu'une croissance d'environ 1,5% de la productivité est obtenue en moyenne sur longue période", ces réformes garantissent "une évolution du niveau des retraites qui respecte les exigences d'équité entre générations", écrit-il.

 

Mais le comité note que l'équilibre du système reste extrêmement dépendant de cette croissance, avec des conséquences différentes selon que la productivité se situe sous ou au-dessus de ce seuil. En dessous, l'équilibre financier "ne pourrait être atteint sans mesures complémentaires", souligne le comité. Au delà, l'enjeu serait autre : "contenir le décrochage" entre les revenus des actifs et les pensions de retraite.

 

"LA QUESTION DE L'ÂGE DU DÉPART EN RETRAITE" N'EST PLUS À POSER"

 

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a estimé lundi que "la question de l'âge du départ en retraite n'a(vait) plus aujourd'hui de raison d'être posée" compte tenu de l'équilibre financier des régimes de retraites, fustigeant les "messagers de l'anxiété" qui prétendent le contraire.

 

"Des évolutions pourront intervenir (...) mais l'essentiel est garanti", a jugé la ministre, qui se fait une "responsabilité" de "marteler ce message de confiance" aux Français. "Donc je dis à ceux qui veulent distiller de mauvaises nouvelles, ceux qui veulent jouer sur les inquiétudes, ceux qui dans la perspective des élections à venir veulent se faire les messagers de l'anxiété qu'ils ont tort", a-t-elle ajouté, faisant allusion aux candidats à la primaire à droite.

 

"Parce que la question de l'âge du départ en retraite n'a plus aujourd'hui de raison d'être posée pour des raisons financières", a-t-elle dit.

 

 

Source : Les Echos