29/06/2015  -  Economie/Finance
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Revenus : où en est la France par rapport à ses voisins ?

Le PIB par habitant a baissé entre 2007 et 2013. D’autres pays européens ont fait pire, mais ils redémarrent plus vite.

C’est un fait que les Français ont tendance à oublier. L’Hexagone ne s’en est pas sorti si mal pendant la crise. En tout cas, comparé à beaucoup d’autres pays européens. La faillite de Lehman Brothers puis la crise des dettes d’Etats européens en 2012 ont d’abord touché les pays du sud de l’Europe et le Royaume-Uni. Le PIB par tête a ainsi fléchi de 2 % entre 2008 et 2013 dans l’Hexagone. La France est certes moins bien lotie que l’Allemagne. Outre-Rhin, le PIB par habitant a crû de 4 % entre 2007 et 2013. Cette performance s’explique par une meilleure capacité de rebond de l’économie allemande, très tournée vers les marchés émergents ainsi que par la légère baisse de la population du pays. Une pyramide des âges vieillissante peut être un avantage à court terme.

Les Espagnols durement affectés

L’économie française s’est en revanche mieux comportée que celle de l’Espagne, l’Italie ou encore la Grande-Bretagne. En effet, de l’autre côté des Pyrénées, le PIB par habitant a chuté de 8% depuis la crise. Les Espagnols ont été durement affectés après des années fastes. La bulle immobilière a explosé en 2008-2009 et a fait grimper le chômage qui touche encore plus de 22 % de la population active du pays.

L’économie britannique a, elle, vu son PIB par habitant baisser de 6 % depuis 2007. Très flexible et financiarisée avec l’omniprésence de la City, elle a aussi été frappée de plein fouet par les turbulences sur les marchés financiers et le secteur bancaire qui ont suivi la chute de Lehman Brothers. Il faut dire que les ménages britanniques, très endettés, ont dû réduire leurs emprunts. Enfin, en Italie, lanterne rouge des grands pays européens, le PIB par habitant a plongé de 11 % depuis 2007. Il s’agit du seul pays de la zone euro dont le PIB par tête a baissé depuis l’introduction de la monnaie unique.

Un phénomène sans précédent

L’économie française a plutôt bien résisté en raison du poids des prestations sociales, importantes dans l’Hexagone, et de la relative rigidité des salaires qui n’ont pas baissé pendant la bourrasque. Tout cela a permis à la consommation de ne pas flancher. Il n’en reste pas moins que cette baisse du PIB par habitant sur une aussi longue période constitue un phénomène sans précédent en France depuis la Seconde Guerre mondiale. De quoi expliquer les tensions sur le pouvoir d’achat, et l’envolée du chômage de longue durée.

L’économie repart moins vite

En outre, si l’économie a mieux résisté, elle repart aussi moins vite. En période d’expansion, la relative rigidité du marché de l’emploi devient un inconvénient alors qu’il s’agissait d’un atout en pleine tourmente. Et les finances publiques restent bien plus dégradées que celles de l’Allemagne, à l’équilibre. Ce qui oblige à poursuivre une politique budgétaire relativement restrictive, qui continue de peser sur la croissance de la France. Celle-ci a été en retrait par rapport à ses voisins l’an dernier. Et, en dépit d’une reprise qui semble s’affermir, l’écart est net en 2015 par rapport à des pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, qui accélèrent franchement. La population française augmentant en outre toujours plus vite que celle des pays frontaliers de l’Hexagone, le PIB par habitant, qui repart à la hausse, devrait continuer de progresser moins vite en France que dans la plupart des pays européens.

 

Source : Les Echos