18/10/2016  -  Economie/Finance
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Royaume-Uni : l'ombre du Brexit plane sur le moral des investisseurs

 Pour la première fois en sept ans, le Royaume-Uni ne figure plus dans le top 5 des pays les plus attractifs pour les investissements étrangers, note le cabinet Ernst & Young.

 

Comme c'est le cas avec les prophéties auto-réalisatrices, le Brexit n'est pas encore effectif que ses effets commencent déjà à se faire sentir. Pour la première fois en sept ans, le Royaume-Uni ne figure pas dans le top 5 des pays les plus attractifs pour les investissements étrangers, note le cabinet Ernst & Young dans son dernier baromètre Global Capital Confidence publié lundi.

 

En matière d'attractivité pour les investissements étrangers, le Royaume-Uni se classe désormais au septième rang, derrière les Etats-Unis, la Chine, l'Allemagne, le Canada, la France et le Japon. "Le Brexit est un exemple flagrant de la façon dont les changements géopolitiques compliquent de manière croissante les investissements transfrontaliers, commente Steve Krouskos, vice-président des services transactionnels chez E&Y. A plus long terme, on pourrait s'attendre à ce que le Royaume-Uni redevienne une destination de choix pour les fusions et acquisitions (M&A) mais les incertitudes à court terme incitent les investisseurs à faire une pause."

 

Parmi les principales préoccupations des hommes d'affaires interrogés (*), le vote du Brexit arrive en tête, devant les élections aux Etats-Unis et la politique monétaire de la banque centrale américaine. De fait, depuis le 23 juin, la livre sterling a perdu 18% de sa valeur face au dollar, la prévision de croissance pour l'économie britannique a été réduite de moitié à 1,1 % pour 2017 et la Première ministre de l'Écosse, Nicola Sturgeon, a exposé la semaine dernière encore ses plans pour un nouveau référendum d'indépendance .

 

Et ce ne sont pas les révélations du "Sunday Times" ce week-end, sur le retournement de veste de Boris Johnson durant la campagne qui pourront les rassurer.

 

Les entreprises britanniques en recul de 55 % sur les M&A

 

Au coeur des interrogations sur le Brexit, l'avenir de la City qui, hier encore, dominait la finance mondiale. Le gouvernement de Theresa May laissera-t-il dépérir un secteur qui contribue à 8 % de son PIB, voire 12 % si l'on y ajoute les services comptables et juridiques qui lui sont liés ? Les financiers s'inquiètent notamment de la perspective d'une perte du "passeport" qui permet aux acteurs régulés à Londres d'exercer leurs activités dans l'Union européenne.

 

 

 

Source : Les Echos