19/08/2015  -  Economie/Finance
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Sous les marchés, les fondamentaux…

 

En dépit des craintes entourant la Grèce et la chute des marchés chinois, les actions se sont reprises à la faveur d’achats à bon compte et de fondamentaux économiques encourageants.

 

Périls juilletistes. La période estivale est parfois l’occasion de voir des mouvements de forte ampleur sur les marchés financiers. En la matière, le mois de juillet 2015 restera dans les annales. Dès juin, les déboires relatifs aux interminables négociations entre la Grèce et ses créanciers laissaient présager un été meurtrier. Le dénouement « heureux » de la crise grecque et la préservation de la zone euro ont finalement donné aux investisseurs des gages sur la solidité – au moins politique – de la maison européenne. De quoi susciter un sursaut d’orgueil des marchés, alimenté par des achats à bon compte. Le feuilleton aurait pu s’achever sur cette note positive. Mais c’était sans compter sur un autre péril juilletiste : le krach des bourses chinoises. Marché immobilier en berne, inexorable ralentissement d’une économie en phase de reconversion et survalorisation boursière ont été les ingrédients d’un cocktail explosif pour les petits porteurs chinois. Si le risque de contagion semble pour l’heure confiné à une échelle régionale, les marchés mondiaux n’en demeurent pas moins gagnés par la crainte. Pour autant, le rythme auquel tourne aujourd’hui l’économie chinoise est plus de nature à soulever des questions que de véritables inquiétudes. Sans compter que les autorités chinoises disposent d’une marge de manœuvre encore conséquente pour ne pas laisser la situation s’envenimer davantage.

 

Les raisons d’y croire. Le regain d’aversion pour le risque a clairement relayé des indicateurs pourtant encourageants à l’arrière-ban des préoccupations. En Europe tout d’abord où la croissance dans le secteur privé a continué d’accélérer en ce début de nouveau trimestre. L’indice PMI composite (Markit) est ainsi ressorti à 53,8 points, non loin de son pic de quatre ans touché en juin (54,2 pts). Dans le détail, l’activité dans les services se veut toujours aussi robuste (54 pts) tandis que celle du secteur manufacturier marque très légèrement le pas (52,4 pts). De leur côté, les États-Unis ont aussi eu de bonnes raisons d’y croire. Comme prévu, la croissance a bel et bien rebondi au deuxième trimestre outre-Atlantique. Celle-ci a atteint un rythme de 2,3% après avoir stagné à 0,6% sur les trois premiers mois de l’année. Ce sursaut tient, entre autres, au rebond de la consommation des ménages qui représente plus de deux tiers de l’activité économique américaine. Cet environnement est à ce point favorable qu’il pourrait ouvrir la voie à la première remontée des taux depuis 2006.

 

ACTIONS : Surpondération renforcée

 

En dépit du spectre d’un « Grexit » et du krach des marchés chinois, les turbulences engendrées à cette occasion sur les places financières n’ont pas entamé la conviction d’un cycle positif pour les actions. Bien au contraire. La bonne facture des indicateurs conjoncturels publiés durant le mois de juillet a même incité à renforcer une surpondération sur cette classe d’actifs. 

 

OBLIGATIONS : Un « neutre » conforté par un retour à la normale en Europe

 

L’épisode grec des derniers mois n’a pas été sans conséquence sur le compartiment obligataire. L’imbroglio diplomatique et financier, l’incapacité des protagonistes du dossier à trouver un accord s’est en effet traduit par une phase de correction et une remontée des taux. Référence en la matière, le 10 ans allemand qui avait touché un plus bas à 0.075 % fin avril, est repassé au-dessus de la barre des 1%. Depuis, le Bund a amorcé un retour à la normale autour de 0,6% traduisant plus fidèlement l’environnement actuel marqué par une faible inflation et l’interventionnisme soutenu de la BCE. 

 

MATIERES PREMIERES : Neutralité plus que jamais d’actualité

 

C’est peu dire que les matières premières ont souffert durant le mois de juillet. Dans leur ensemble, elles ont pâti de la conjonction de différents facteurs. A commencer par les inquiétudes entourant la santé de la première économie mondiale. Outre la Chine, l’accord sur le nucléaire iranien n’a pas manqué de peser sur les cours du pétrole. Cet effet qui peut s’avérer porteur pour la reprise mondiale, peut aussi être un facteur à moyen terme de rebond du prix des matières premières dans le cadre d’un cycle vertueux. En attendant cette perspective, il faut rester « neutre » sur cette classe d’actifs et continuer de privilégier les matières les plus exposées à la reprise.

 

 

Source : Fidelity / Club Patrimoine