05/01/2016  -  Patrimoine
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Trois indicateurs déterminants

PEL, Livret A : vers une baisse des taux de rémunération de l'épargne réglementée ?

 

D'ici à la mi-janvier, cette question va à nouveau se poser pour l'exécutif étant donné le faible niveau d'inflation (0 % sur douze mois à fin novembre). Début 2015, pour tenir compte de la très faible progression des prix à la consommation et assurer une corrélation entre les taux de l'épargne réglementée et ceux de la politique monétaire de la BCE, l'exécutif avait déjà abaissé le taux du plan épargne logement (PEL) de 2,5 % à 2 %. Six mois plus tard, le gouverneur de la Banque de France avait aussi revu à la baisse le taux du Livret A et du livret de développement durable, fixé à 0,75 % début août. Cette fois-ci, la rémunération de ces produits d'épargne devrait être à nouveau scrutée. Toutefois, la forte décollecte enregistrée par le Livret A dans la foulée de la baisse de son taux en dessous du seuil psychologique de 1 % devrait inciter l'exécutif à concentrer ses efforts sur le PEL. « Pour un produit de court terme, liquide, bénéficiant de la garantie de l'Etat et défiscalisé, son rendement peut apparaître élevé », confirme Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

 

Le nouveau produit d'assurance-vie euro-croissance pourra-t-il enfin décoller en 2016 ?

 

Présenté à sa création comme « l'assurance-vie du XXIe siècle », devant offrir une alternative aux fonds euros (à capital garanti) et aux supports en unités de compte (potentiellement plus rémunérateurs, mais aussi plus risqués), l'euro-croissance connaît un démarrage poussif. L'offre est encore très restreinte depuis l'apparition des premiers contrats en octobre 2014 et la collecte toujours marginale. Le niveau très bas des taux d'intérêt complique en effet la donne pour l'euro-croissance, qui doit assurer la garantie du capital au bout d'une échéance d'au moins 8 ans et doit donc investir dans des obligations peu rémunératrices. Les assureurs attendent toujours le coup de pouce technique qui permettra de rendre ce produit plus attrayant que les fonds en euros. L'automne dernier, le Trésor avait soumis à consultation publique deux solutions alternatives pour le transfert de certaines plus-values latentes des fonds euros vers les fonds euro-croissance. Avant de trancher, Bercy attend une prise de position de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.

 

La finance participative profitera-t-elle du coup de pouce de Bercy ?

 

Le gouvernement mise sur l'essor du « crowdfunding », ce « financement par la foule » qui fait appel à un grand nombre de personnes pour collecter des fonds, sous la forme d'investissements dans des projets de don ou de prêt. Bercy vient en effet de donner un coup de pouce fiscal pour favoriser le développement du secteur. Un prêteur en finance participative doit déclarer au fisc les intérêts perçus sur un crédit, par exemple à une entreprise. Jusqu'alors, au bout de trois remboursements, si l'entreprise en question faisait défaut, les intérêts déjà perçus restaient imposables. Une disposition de la loi de finances rectificative pour 2015 vient d'instituer un changement notable : pour les prêts consentis à partir du 1er janvier 2016, si la créance devient « définitivement irrécouvrable », cette dernière est déduite des intérêts à déclarer. Cette déduction vaut non seulement l'année où la créance est considérée comme définitivement perdue, mais aussi au cours des cinq années suivantes.

 

 

Source : Les Echos