14/11/2016  -  Fiscalité
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Trump président… De la mutation économique à la mutation sociétale non sans conséquences sur le patrimoine et la fiscalité ?

 

Entre le Brexit, l’élection de TRUMP ou encore la tentative de remise en cause de l’accord commercial entre la zone Euro et le Canada, mais également, le vote « NON » à la constitution Européenne, on est susceptible de ressentir l’élargissement du fossé entre les élites « qui affirment connaître ce qui est bon pour le peuple » et un peuple qui ne parvient plus à supporter ce diktat et qui affirme, mais n’est pas toujours écouté, « que ces élites n’ont pas à choisir pour lui, ce qui est bien ou qui ne l’est pas ».

 

Systématiquement, ces votes contre le courant dominant des intellectuels, contre la bien-pensance de ceux qui affirment savoir, peuvent être interprétés comme des cris de rages d’un peuple qui affirme savoir ce qui est bien pour lui et refuse de se voir obliger d’être en accord avec l’avis de quelques uns déconnectés de la vie réelle.

 

Le propos n’est pas ici de disserter, polémiquer, afficher des opinions, simplement de faire le constat suivant, froid et apolitique : Nous pourrions assister dans les prochains mois, années, à une mutation sociétale majeure. Après la révolution économique et financière, nous assistons aujourd’hui à une révolution sociétale.

 

Les « têtes couronnées » pourraient changer et les politiques financières (via le rôle des banques centrales) et fiscales pourraient bien prendre un tournant inédit (ou du moins opposé aux tendances actuelles).

 

En ce qui concerne la gestion de votre patrimoine, ces mutations ne seront pas sans conséquences et ayez le certitude que la détention de patrimoine sera une cible prioritaire.

 

Voici quelques réflexions, idées, sur ces changements de long terme engagés par ces votes successifs :

 

Recherche d’une plus grande réduction des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres. Cela pourrait passer par un ré-équilibrage du partage de la valeur ajoutée entre travail et capital au profit du travail (augmentation des salaires minimums ?), mais également une structure de la fiscalité différente favorisant les revenus du travail au détriment des revenus du capital et le patrimoine.

 

Fin de l’austérité et retour d’une relance par la dépense budgétaire ;

 

Modification profonde de la fiscalité pour réduire les charges portant sur le travail, c’est à dire charges sociales payées par les salariés, mais également impôt payés par les travailleurs (le chef d’entreprise qui perçoit un revenu de son entreprise – salaire ou dividende – devant bien sur être considéré comme un actif / travailleur). Ces allègements de charges (fiscales et sociales) sur le travail auront pour corollaire une augmentation de l’impôt de tous pour un maintien des prestations à niveau équivalent :

 

La TVA : Au lieu de faire porter certaines dépenses sociétales sur le travail (et donc uniquement sur la population active), on pourrait préférer les faire porter par l’impôt, par la consommation et donc par tous) ;

 

Les revenus du capital financier : C’est alors une possible remise en question de la fiscalité dérogatoire de l’assurance vie qui reçoit aujourd’hui plus de 40% de l’épargne financière des ménages et plus globalement de toutes les niches fiscales qui autorisent le contournement de l’impôt ;

 

Les revenus du patrimoine immobilier. Avec la poursuite de la remise en question de la fiscalité de la location meublée (probablement de plus en plus assimilée à une activité professionnelle et donc entraînant l’affiliation au RSI – « Attention, une réforme profonde de la location meublée (LMNP) est en cours. » et plus globalement la tendance à la réduction des niches fiscales et des autres avantages fiscaux qui encouragent l’investissement immobilier même s’il apparaît impossible d’alourdir encore la fiscalité applicable aux revenus fonciers.

 

La taxation sur la détention de patrimoine via une augmentation de la taxe foncière (et des différentes taxes sur la propriété) mais également de l’ISF. Les rumeurs persistantes, mais démentie, autour de l’imposition d’un loyer fictif sont à l’image de cette tendance lourde à l’augmentation de l’impôt sur la détention de patrimoine « Ouf ! Il n’y aura pas de taxe sur les loyers fictifs de la résidence principale des propriétaires. » ;

 

Et enfin, une augmentation des droits de succession avec la réduction des abattements disponibles applicables au moment de la succession (et probablement, le maintien d’une fiscalité très avantageuse pour les donations afin d’encourager les flux trans-générationnels)

 

… Bref, j’ai comme le sentiment d’une modification profonde qui ne sera pas sans conséquences sur votre patrimoine ! Pour autant, le pragmatisme économique pourrait limiter les fractures extrêmes.

 

A suivre…