20/07/2016  -  Patrimoine
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Un tiers des actifs n'ont pas commencé à épargner pour leur retraite

Entre les difficultés financières ponctuelles et les dépenses du quotidien, de nombreux Français peinent à mettre de l'argent de côté, d'après une étude HSBC.

 

Jongler avec les dépenses du quotidien tout en préparant ses vieux jours est un casse-tête pour nombre de travailleurs. De fait, 33% des actifs français n'ont pas encore commencé à épargner en vue de la retraite, selon le 13e volet de l'étude "L'avenir des retraites"* publié par HSBC ce mercredi 13 juillet. Pis, parmi ceux qui ont mis de côté quelques deniers dans cette optique, 41% ont été contraints d'arrêter ou ont rencontré des difficultés. Si la pyramide des âges joue – la retraite paraît bien lointaine lorsqu'on sort des études et que l'on dispose de moyens limités, elle n'explique pas tout. D'après les données de l'Insee, les 15-24 ans ne pesaient que 9,3% de la population active en 2014, contre 62,8% pour les 25-49 ans et 26,9% pour les plus de 50 ans. Or, l'enquête HSBC ne porte que sur les personnes âgées de plus de 25 ans. En outre, 27% des quinquagénaires et 25% des plus de 60 ans interrogés dans cette étude n'avaient pas encore commencé à épargner pour leur retraite.

 

Le niveau de rémunération est sans aucun doute l'une des explications. En 2014, les employés et les ouvriers représentaient par exemple pratiquement la moitié des personnes en emploi dans l'Hexagone. Et ils sont les plus susceptibles de faire face à des difficultés financières. Une autre donnée de l'enquête HSBC va dans ce sens : 40% des femmes ne disposent pas encore d'une épargne retraite, contre 26% des hommes. Or, si les écarts de salaire entre les hommes et les femmes se réduisent progressivement, ils restent conséquents (19% en moyenne).

 

Côté génération, ce sont les quadragénaires qui ont le plus de mal à alimenter leur épargne à la fin du mois. Emprunt immobilier, enfants à l'école, voire parents à charge… C'est une période délicate pour la gestion de son patrimoine. 57% des quadras sondés par HSBC consacrent ainsi une partie de leurs revenus à leur épargne. C'est moins que les trentenaires (63%) ou les quinquagénaires (62%).

 

Entre pension de base et héritage

 

Les actifs français ont pourtant conscience des difficultés à venir s'ils veulent maintenir un niveau de vie convenable après leur vie active. En moyenne, ils s'attendent à économiser 11 ans de plus que les générations précédentes. Alors que les retraités interrogés n'ont commencé à épargner qu'à 36 ans en moyenne, les actifs français ont débuté à 28 ans. Inversement, ils s'attendent à travailler jusqu'à 63 ans en moyenne, alors que les retraités actuels ont quitté la vie active à 60 ans. Soit 35 années d'épargne en vue de leurs vieux jours, contre 24 pour leurs aînés. Ils ont retenu l'une des leçons de base de la gestion de patrimoine: plus on démarre tôt, plus il est facile de se constituer un capital qui rapportera des intérêts par la suite. A ce titre, 26% des retraités français expriment des regrets et auraient préféré commencer à épargner plus tôt.

 

Le déséquilibre persistant du régime général a semble-t-il marqué les esprits. Si l'équilibre a presque été atteint en 2015 (-0,3 milliard hors fonds de solidarité vieillesse selon les comptes définitifs de la sécurité sociale), la branche vieillesse de la Sécu reste en déficit depuis 2005. Et ce, malgré l'accumulation des réformes et le report de l'âge légal de départ à la retraite. Les actifs comptent ainsi moins que les générations précédentes sur la pension de base. Ils sont seulement 27% à estimer qu'elle les aidera au moment de la retraite (contre 53% pour les retraités actuels). En revanche, ils misent davantage que leurs aïeuls sur un héritage (34%), leur assurance-vie (25%) ou le fait de continuer à travailler un peu (19%). Autre élément intéressant: 16% des actifs estiment qu'ils pourront financer une partie de leur retraite grâce aux loyers perçus sur un bien immobilier. En réalité, seuls 10% des retraités actuels sont dans ce cas. De là à dire que la pierre semble plus solide que le régime par répartition aux yeux de certains…

 

*Le rapport "Générations et parcours" est le 13e volet de l'étude "L'avenir des retraites". Les résultats de ce volet prennent en compte les réponses de 1.012 personnes en France de 25 ans et plus. L'étude a été menée par Ipsos pour HSBC via internet en septembre et octobre 2015.
 
 
Source : Capital