04/08/2015  -  International
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Une tendance à l'allégement fiscal en Europe

 

Qu'ils soient nommés « révolutions » ou « virages », les gestes fiscaux en faveur des ménages se multiplient dans l'Union européenne.

 

 

L'Espagne poursuit la baisse de l'impôt sur le revenu

 

Avec des prévisions de croissance en forte hausse pour l'année 2015 (+3,3 % du PIB), le gouvernement espagnol poursuit sa politique d'allégement fiscal pour les ménages. Dans la lignée de l'exonération fiscale, en début d'année, des ménages aux revenus inférieurs à 12.000 euros par an, le Premier ministre, conservateur, Mariano Rajoy, a avancé de six mois les réductions d'impôts dédiées aux autres contribuables. Une forte modification des barèmes d'imposition a été annoncée. Les ménages aux revenus supérieurs à 60.000 euros par an verront leur taux d'imposition ramené à 45 %, contre 47 % actuellement. Les salariés plus modestes noteront une baisse de 1 point de leur taux imposition (de 20 % à 19 %). Pour les revenus inférieurs à 35.000 euros par an, elle sera même de 2 points. Le gouvernement espagnol a également annoncé une baisse de 2,2 % des tarifs de l'électricité pour les familles. Les familles en faillite seront d'ailleurs aidées et accompagnées par le gouvernement espagnol, qui a déposé une loi « seconde chance ».

 

L'Allemagne revoit ses barèmes et favorise les familles

 

Alors que la fiscalité française ne connaît que 5 tranches d'imposition, le modèle allemand en compte plus de 20. De fait, la hausse de salaires des ménages allemands se voit souvent rabotée à la faveur d'une intégration dans la tranche d'imposition supérieure. La coalition droite-gauche du Bundestag (le Parlement allemand), qui a voté au début de l'été une série de mesures d'un montant de 5 milliards d'euros, a rehaussé les seuils fiscaux de 1,5 % permettant aux ménages augmentés de ne pas voir le montant de cette revalorisation salariale disparaître dans les caisses du fisc. A l'inverse de la France, le Parlement a également voté des mesures favorisant les familles : l'abattement par enfant augmentera de 240 euros en deux ans. Les allocations familiales ont été renforcées, chaque famille recevra 4 euros de plus par mois et par enfant. L'année prochaine, 2 euros seront rajoutés à cette somme. En matière d'aides sociales, le supplément enfant passera de 140 à 160 euros par mois. Une revalorisation de l'abattement dédié aux familles monoparentales sera également effectuée.

 

Vers une « révolution copernicienne fiscale » en Italie

 

L'annonce, par Matteo Renzi, d'une « révolution copernicienne fiscale » n'en est qu'à l'état de projet. Le 18 juillet dernier, le Premier ministre italien a promis une baisse d'impôts de 45 milliards d'euros d'ici à cinq ans. La première mesure, qui devrait être mise en place dès l'année 2016, est la suppression de la Tasi, mieux connue des Italiens sous le nom d'IMU (impot municipal unique). Dans un pays où plus de 80 % de la population est propriétaire de son logement, cette taxe foncière sur les résidences principales est perçue comme injuste. La supprimer, comme le souhaite le gouvernement italien, serait un « cadeau fiscal » d'une valeur de 3,5 milliards d'euros.

 

Le Premier ministre italien prévoit également d'élargir les baisses d'impôts aux entreprises en 2017, aux ménages et aux retraités en 2018. Sur la période 2016-2018, cette réduction s'élèverait à 35 milliards d'euros, estime-t-il. Ces annonces sont néanmoins soumises « à la bonne marche des réformes », comme l'a précisé Matteo Renzi. En effet, la pression fiscale sur le contribuable italien demeure forte : de 43,5 % en 2015, elle devrait atteindre 44,1 % du PIB en 2016. 10 milliards d'euros manquent également au gouvernement italien afin d'éviter une nouvelle hausse de la TVA de 2 % au 1er janvier 2016.

 

Le Royaume-Uni baisse les impôts et les aides sociales

 

Réduction de l'investissement de l'Etat et baisse des impôts. C'est ainsi que pourrait être résumé le budget anglais, présenté au début du mois de juillet par George Osborne, le ministre des Finances du gouvernement conservateur de David Cameron. Le seuil de revenus imposables sera augmenté progressivement durant cinq ans. Dans un premier temps, ce seuil passera de 10.600 à 11.000 livres par an, permettant aux ménages ne les gagnant pas d'être exonérés. Le seuil d'imposition de 40 %, souvent dommageable aux classes moyennes, sera relevé. Les droits de succession seront également réduits. Le gouvernement a néanmoins prévu une baisse des aides sociales. Un gel du crédit d'impôt (40 milliards d'euros par an) pour les familles aux revenus modestes et les travailleurs pauvres est prévu. Dans le cas des familles où aucun des membres ne travaille, le crédit accordé pour chaque enfant à charge sera limité à 2 enfants.

 

La Belgique favorise les entreprises

 

A l'instar de ses homologues européens, le gouvernement belge a lui aussi annoncé un « virage fiscal » pour l'année 2016. Le Premier ministre, libéral, Charles Michel, s'est félicité, la semaine dernière, du vote de ces mesures. Elles sont pourtant plus tournées vers la compétitivité et l'emploi qu'ailleurs en Europe. Si le vice-Premier ministre, Didier Reynders, a estimé que « les bas et moyens salaires seraient augmentés de 100 euros par mois à partir de 2016 grâce à une révision de l'impôt sur le revenu », le gouvernement n'a pas encore détaillé les mesures envisagées pour atteindre ce résultat.

 

En revanche, la baisse des cotisations patronales, de 33 % aujourd'hui à 25 % d'ici à la fin de l'année 2016 a été actée. Ces mesures fiscales prévoient également l'augmentation de la TVA sur l'électricité, qui passera de 6 % à 21 %. Les taxes sur le tabac et l'alcool seront renforcées. Une bouteille d'alcool fort coûtera 2,50 euros de plus et un paquet de cigarettes 70 cents.

 

 

Source : Les Echos