09/11/2015  -  Immobilier
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Voici le nouveau prêt à taux zéro

 

Le gouvernement détaille aujourd'hui le renforcement du prêt à taux zéro annoncé en septembre. Les plafonds de revenus sont relevés de 1 000 à 4 000 € selon les cas. Objectif : 120 000 PTZ en 2016.

 

 

Après l'annonce, place aux chiffres précis. En septembre, le gouvernement annonçait qu'il allait doper le prêt à taux zéro au 1er janvier 2016. De combien exactement ? Pour quels plafonds de revenus ? Pour quel public ? Tous ces détails, dont notre journal a eu connaissance, l'exécutif les dévoile.

 

C'est François Hollande lui-même qui a été à la manœuvre. « Dans le contexte actuel, c'est un message vis-à-vis des Français qui doutent de l'efficacité immédiate des politiques », confiait un conseiller élyséen. Et un joli appel du pied aux électeurs, à un mois des régionales.

 

Reste que ce PTZ multivitaminé version 2016 est de fait bien plus alléchant. Les nouvelles conditions sont calibrées pour être « simples et lisibles » : augmentation des plafonds de revenus liés à l'éligibilité ( voir infographie ci-contre), doublement du montant (le PTZ pourra financer 40 % de l'achat d'un logement dans le neuf contre 18 % à 26 % aujourd'hui), possibilité de différer le remboursement du prêt à cinq, dix ou quinze ans.

 

« Avec ce renforcement, nous souhaitons que davantage de personnes, et notamment les jeunes, les classes modestes et moyennes puissent bénéficier d'une aide pour acheter leur premier logement », détaille Sylvia Pinel, ministre du Logement.

 

 

Dernière mesure — et pas des moindres — « le PTZ pour l'achat d'un logement ancien à réhabiliter, jusqu'alors ouvert dans 6 000 communes rurales, sera étendu à la France entière », précise Sylvia Pinel. Seule condition : le montant des travaux devra être au moins égal à 25 % du coût total de l'opération d'achat. Réintroduit timidement début 2015, le PTZ dans l'ancien n'avait en effet presque pas été utilisé...

 

L'élargissement à tout le territoire français constituait une demande forte des professionnels de l'immobilier car « les jeunes ne partent pas s'installer à Guéret dans la Creuse, ils vont là où il y a de l'emploi et des écoles », note l'un d'eux.

 

De 47 000 PTZ en 2014, le ministère du Logement espère passer à 120 000 en 2016. Le coût financier est conséquent — 2 Mds€ par an —, mais il y a 50 000 emplois à la clé pour le secteur du BTP et ses satellites (PME, rénovation, artisanat).

 

Sous Nicolas Sarkozy, le PTZ « débridé » a pourtant laissé quelques mauvais souvenirs. « Le prêt était accordé à tout le monde, quels que soient les revenus, se souvient la porte-parole du courtier en ligne Meilleurtaux.com. Ça a coûté une fortune à l'Etat. » Et « contribué à la hausse excessive des prix à Paris entre 2009 et 2011 », souligne un expert. Mais pas de quoi assombrir le moral des spécialistes.

 

« C'est une excellente nouvelle, se réjouit-on chez le courtier Meilleurtaux.com. Le PTZ permet d'absorber les frais de notaires. Une vraie chance à l'heure où les droits de mutation passent de 3,8 % à 4,5 % à Paris. »

 

Pas d'intérêts, aucun frais facturé

 

Recette miracle pour les emprunteurs ? La formule est un peu excessive, mais le prêt à taux zéro (PTZ) dispose effectivement des arguments pouvant redonner le sourire aux primo-accédants les moins fortunés. Le PTZ est un prêt complémentaire sans intérêts et sans frais aidé par l'Etat. Il s'adresse, sous conditions de ressources, aux personnes souhaitant devenir propriétaires de leur résidence principale pour la première fois. Un ménage qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale durant les deux dernières années est également éligible. Attention néanmoins : le PTZ ne finance qu'une partie de l'opération. Il doit donc être complété obligatoirement par d'autres prêts immobiliers et, éventuellement, par des apports personnels. Dans les faits, ce sont les banques — et non l'Etat — qui prêtent aux emprunteurs.

 

 

Source : Le Parisien