17/12/2014  -  International
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Zone euro : la forte baisse du prix du pétrole, une aubaine pour la Banque centrale européenne

 

 

Zone euro : la forte baisse du prix du pétrole, une aubaine pour la Banque centrale européenne

 

Tel est l’avis avancé par Fabrizio Quirighetti, responsable des investissements et chef économiste du Groupe Syz & Co, dans le cadre d’une conférence de presse organisée ce mercredi 10 décembre « Contrairement à la Réserve fédérale américaine qui suit de près l’inflation retraitée des prix de l’énergie et des prix des denrées alimentaires, la Banque centrale européenne considère l’évolution de l’inflation dans son ensemble » relève Fabrizio Quirighetti. C’est ainsi qu’en 2008 et 2011, l’institution monétaire a décidé de relever le taux directeur de refinancement à plusieurs reprises consécutivement à la hausse du prix du baril de pétrole alors que la macroéco-nomique de la zone euro s’inscrivait dans une tendance négative. C’est également dans le même esprit que depuis novembre 2013, celle-ci a descendu son taux directeur par deux fois alors que globalement la macroéconomie se trouvait plutôt sur un chemin d’amélioration. « La variable numéro une surveillée par la BCE est l’inflation. C’est la variation de cette inflation qui influence directement son comportement » souligne Fabrizio Quirighetti.

 

L’affaiblissement de l’inflation sur fond d’un recul du prix de pétrole de 40% depuis janvier devrait alors donner plus d’argument à la BCE pour encore d’avantage sa politique monétaire. Un quantitatve easing de titres d’Etat est es-compté par le chef économiste du Groupe Syz & Co. « Les Allemands seront amenés à l’accepter car il sera limité dans son montant » soutient Fabrizio Quirighetti. Compte tenu de l’objectif affiché d’étendre le bilan de la Banque centrale de 1000 milliards d’euros, et eu égard aux mesures déjà adoptées (opérations de TLTRO, rachat d’ABS et d’obligations sécurisées), la BCE devrait avoir à acquérir 500 milliards d’euros d’actifs supplémentaires, vraisem-blablement un mixe d’obligations souveraines et d’obligations supranationales, subodore l’expert. A priori aucun obstacle d’ordre juridique ou technique ne devrait s’opposer au déploiement de ce QE. La BCE pourra compter sur le marché primaire et secondaire pour faire ses emplettes. Même s’il devrait avoir pour effet d’abaisser les taux de manière additionnelle, ce QE n’aura pas de réel impact sur l’économie. Il sera principalement un message envoyé au marché en vue de renforcer la confiance des opérateurs et d’ancrer plus solidement les anticipations d’une inflation modérée, en dessous mais proche de 2% à moyen terme.

 

La France bénéficie d’atouts importants

 

Pour Fabrizio Quirighetti, sur le plan économique, la France parait bien armée. De prime abord, ses chances de succès ne sont pas négligeables. A la fois la dépréciation de l’euro et le fort repli du prix du pétrole devraient s’avérer des facteurs très favorables pour l’Hexagone. « 53% des exportations du pays se font en dehors de la zone euro. C’est la plus forte proportion observée parmi les grands pays de la région. L’industrie française devrait grandement tirer bénéfice de la baisse de la valeur de la monnaie unique ». « D’un autre côté, si l’on considère que la France a consommé 1,6 million de barils par jour en 2014, le recul du cours du baril de 40% depuis janvier est de nature à permettre la génération d’une économie de 20 milliards d’euros pour le pays, soit l’équivalent de 1% du PIB, autant que la réduction des dépenses publiques envisagée pour l’année prochaine » ajoute Fabrizio Quirighetti. Les gains procurés par la dépréciation de l’euro et la correction du prix de l’or noir ont ainsi vocation à donner un véritable coup de pouce au gouvernement de François Hollande pour mettre en place les réformes requises. Le problème reste cependant que la capacité de ce gouvernement à aller au bout des décisions prises semble être mise en cause.

 

Inquiétude affichée sur l’Allemagne

 

Jusque là, la croissance de l’Allemagne a été tirée par les moteurs des exportations et celui de l’investissement des sociétés exportatrices. Or les principaux clients de l’Allemagne sont d’une part les pays émergents et d’autre part la zone euro, en particulier la France et l’Allemagne. Ces pays étant en fort ralentissement, le modèle allemand se retrouve sous pression. « Aujourd’hui le pays est en capacité de redonner du souffle à son économie par le biais d’in-vestissements productifs. De nombreuses entreprises allemandes se plaignent de l’état du réseau routier existant» note Fabrizio Quirighetti. Avec un taux à dix ans à 0,7%, l’Allemagne est en mesure de s’endetter abondamment à moindre coût en vue de financer des projets d’envergure. Toutefois, les autorités nationales ont renouvelé leur sou-hait de ne faire générer déficit. « Nous pensons que cette attitude devrait évoluer en 2015 par la force des choses ».

 

 

Source : Easy Bourse