L’âge d’or du marché des crédits immobiliers touche à sa fin

XERFI-PRECEPTA vient de publier une étude approfondie sous le titre :« Le marché des crédits immobiliers à l’horizon 2021 – Quels leviers et perspectives de croissance pour les acteurs ?

Comment s’est comporté le marché français des crédits à l’habitat en 2018 ?

Pour la quatrième année consécutive, la production de nouveaux crédits à l’habitat est restée supérieure à 200 milliards d’euros en 2018, alors que les records observés de la décennie précédente peinaient à dépasser la barre des 140 milliards d’euros. La faiblesse persistante des taux d’intérêt a bien évidemment joué un rôle majeur. De quoi encourager l’acte d’achat avant la possible menace de remontée des taux. Outre les efforts des banques pour assouplir leurs conditions d’octroi, certains établissements n’ont pas hésité à généraliser l’allongement de la durée des crédits à plus de 30 ans. Les dispositifs d’aide à l’accession, en particulier la réforme du PTZ, ont joué, eux aussi, un rôle non négligeable. Enfin, la remontée des prix de l’immobilier ces dernières années est venue gonfler les montants des crédits consentis. Entre 2015 et 2018, les banques ont ainsi accordé 940 milliards d’euros cumulés de prêts immobiliers contre près de 1 200 milliards pour la période 2004-2015. Si l’année 2018 a affiché un bilan tout à fait satisfaisant, cela ne doit pas masquer un recul de 26% par rapport à 2017, entre autres lié au très net ralentissement des renégociations et rachats de prêts. Au-delà, le gisement de nouveaux emprunteurs a commencé à se tarir avec la dégradation des dispositifs d’aide (PTZ+ et PAS) et la remontée des prix, en particulier dans l’ancien.

Quel est votre scénario prévisionnel d’ici 2021?

Dans ces conditions, le marché des crédits immobiliers pourra difficilement faire mieux que sur la période 2015-2017, marqué par un véritable alignement des planètes. Ainsi, entre 2019 et 2021, la production de crédits à l’habitat se repliera en moyenne de 2% à 3% par an suite au retournement des marchés de l’ancien et du neuf, d’après notre scénario. Sans oublier que la remontée des taux semble inéluctable et que l’endettement des ménages devient préoccupant. En somme, l’âge d’or du marché des crédits immobiliers touche à sa fin. Malgré cet effet de base défavorable, la production annuelle de nouveaux crédits s’annonce encore élevée à court terme (proche de 200 milliards d’euros). Déjà, l’année 2019 s’annonce bien avec une éventuelle remontée des taux progressive et pas avant 2020, des objectifs de production toujours très élevés chez les banques et, côté emprunteurs, un pouvoir d’achat en hausse suite aux annonces de décembre 2018 (prime d’activité, gel de la hausse de la taxe carbone, etc.).

 

Source : https://www.xerfi.com/