Le Green New Deal européen

La crise qui se dessine ces derniers temps et les menaces qu’elle draine dans son sillage, ainsi que les évidences de moins en moins contestables d’une accélération des dévastations climatiques permettent-ils d’être plus confiants dans la capacité d’écoute et de relais de cette proposition ?

On peut en douter et ceci plus encore au vu du vent de contestation provoqué en France par l’une des rares initiatives du gouvernement en matière de lutte contre le réchauffement climatique, à savoir l’augmentation de la taxe carbone couplée à la convergence des prix du diesel vers ceux de l’essence. Et pourtant, cette proposition fait tellement sens dans le contexte économique en présence et face à l’urgence climatique, de jour en jour rappelée. Les initiatives des banques centrales ne sont pas encore terminées que déjà l’économie mondiale bat de l’aile. Le trop plein de liquidités a créé les conditions d’une paralysie des politiques monétaires dépourvues de moyens pour faire face à la prochaine crise dont tout suggère qu’elle pourrait être beaucoup plus ravageuse que celle de 2008.

Alors que le président américain a fait le choix de quitter l’accord de Paris, l’Europe a une responsabilité toute particulière pour montrer la voie d’une possible croissance plus vertueuse parce que plus compatibles avec les limites physiques. Le sujet vaut bien celui du projet d’une défense commune sur lequel les Européens semblent être parvenus à se mettre d’accord et l’on peut imaginer que si ces derniers peuvent trouver un compromis sur un sujet aussi complexe que celui du Brexit, ils puissent parvenir à recueillir l’adhésion du plus grand nombre sur celui du climat.

Les moyens ne manquent pas pour transformer les contraintes environnementales en projet de croissance, susceptible, y compris, de redonner à nos économies les moyens d’un nouveau développement. Les politiques environnementales ne peuvent se cantonner à des problématiques énergétiques qui ne se résumeraient qu’au renchérissement d’une ressource dont nos modes de vie ne peuvent se passer et viendraient, par là même, confisquer plus encore de ressources de croissance et d’équilibre social. Le champ des transitions est bien plus large que ce seul spectre et est largement susceptible de créer les éléments d’une politique globale de refondation des bases d’un développement nouveau, de projets d’investissements et d’emplois, assis sur de multiples transitions simultanées, incluant : urbanisme, habitat, transports, infrastructures, nucléarisation des espaces urbains, transition agricole, sécurisation des populations face aux aléas climatiques, recyclage, traitement des déchets, chimie, pharmacie, médecine, ressources en eau… autant de domaines qui constituaient par le passé le champ d’intervention des politiques publiques dont, en particulier, celui du New deal de Roosevelt dont on sait à quel point il a dévié le sens de l’histoire.

Source : thedaily.finance