Vaccin contre le virus, gage de réouverture immédiate des économies ?

Aux Etats-Unis, la vague bleue anticipée n’a pas eu lieu. Joe Biden a bien été élu mais le sénat reste et devrait rester républicain selon les prévisions. Le président n’aura alors pas l’appui nécessaire pour faire passer les différentes réformes démocrates, notamment au niveau de la santé, du climat ou de la fiscalité. Toujours aux Etats-Unis, Pfizer a publié les résultats de ses essais, bien supérieurs aux attentes avec 90% d’efficacité sur plus de 40 000 patients sans effet secondaire notable.

La combinaison de l’écartement de l’aléa politique ainsi que la potentielle réouverture de l’économie a propulsé les indices boursiers.

Qu’en est-il vraiment ? Les économies vont-elles pouvoir réouvrir demain ?

Certains éléments militent pour le contraire. Tout d’abord, il subsiste deux incertitudes majeures autour du vaccin de Pfizer :

  • La durée de l’immunité au-delà de 28 jours.
  • La logistique, avec un produit devant être conservé à -80°C. Une contrainte absente avec le vaccin de Moderna annoncé par la suite, qui se conserve dans des températures accessible avec un réfrigérateur « normal ».
Mais la réouverture de l’économie va nécessiter des étapes de précaution :
  • D’ici quelques jours, la vaccination de 25 millions de personnes à risque jusqu’à fin décembre doit être approuvée.
  • Cette étape passée, le début des vaccinations de masse demandera entre 4 et 6 mois d’attente pour avoir du recul sur les différentes données.
La réouverture de l’économie ne devrait donc pas intervenir avant l’été 2021, et sous certaines conditions :
  • Une augmentation du nombre de vaccins avec plus de laboratoires ayant des résultats positifs.
  • Une augmentation de la capacité de fabrication.

A ce jour, la plupart des pays européens est toujours confinée et avant de retourner à la vie d’avant, il est important de s’intéresser aux premières leçons du passé.

Quels ont été les impacts de la sortie du premier confinement en Europe ?
  • L’épargne a explosé durant le confinement, permettant une reprise en V de la consommation au 3ème trimestre et à fortiori du PIB.
  • Les résultats d’entreprises ont créé une surprise historique avec 85% des sociétés ayant fait mieux que les attentes.

Selon Victoire de Trogoff, la bonne gestion des coûts de la part des entreprises européennes permet de penser qu’en sortie de crise les marges seront meilleures. Les sociétés ont en effet touché à des mesures structurelles et les résultats du 3ème trimestre illustrent cette résilience du monde coté.

Cependant, il faut rester méfiant. Les nouvelles mesures de confinement font craindre un coup d’arrêt de l’économie au 4ème trimestre, avec une reprise en W.

 

Source : http://www.h24finance.com/news-14288.html